La main des sourds

L’escroc se fait passer pour un sourd

Depuis plus d’un an, un homme écume les entreprises calédoniennes pour réclamer des dons au profit d’une association de sourds. Seul problème : cette association n’existe pas. Et les dons, souvent généreux, se sont évaporés dans la nature.

La dernière fois qu’il a été vu, c’était à Ducos, il y a quelques semaines. Depuis, plus de nouvelles. L’association Communication, culture et dynamisation, elle-même dédiée à un public de sourds et muets, tente depuis de collecter le maximum de témoignages pour mettre la main sur « cet individu qui nuit à notre image », indique Annick Herlaut, la vice-présidente.
Depuis plus d’un an, cet homme se présente comme malentendant auprès des entreprises du pays. Son objectif : récolter des dons pour une association au nom farfelu : « Fondation institut de réhabilitation pour handicapés », avec la mention « sourds » signalée entre parenthèses.

Vrais dons, faux tampons

D’après plusieurs descriptions, il s’agirait d’un homme d’origine mélanésienne, âgé d’une quarantaine d’années, le crâne dégarni, mesurant plus de 1,80 mètre, pour 90 kiloss environ, et portant des lunettes rondes.
De Nouméa à Koumac, l’imposteur se présente à la porte des entreprises, avec à la main un petit carnet regroupant les cartes de visite ou les références de précédents donateurs. Preuve que le stratagème fonctionne, les dons atteignent parfois la somme de 5 000 ou 10 000 francs, le tout en liquide, évidemment.
En échange, les généreux donateurs ont droit à un reçu ou à un tampon spécialement fabriqué à cet effet. Reçu qui leur permettrait, selon lui, de déduire ce don de leurs impôts.
Pourtant, à l’ISEE (Institut de la statistique et des études économiques), où sont recensés les associations et les collectifs, personne n’a jamais entendu parler de cette « Fondation ». Le Journal officiel n’a jamais mentionné une ligne sur sa création. Quant au milieu associatif lui-même, il ignore tout simplement son existence. « Il n’y a que trois associations pour les sourds et muets en Nouvelle-Calédonie. On serait très surpris d’apprendre qu’il en existe une autre. On se connaît tous », indique Annick Herlaut.
La vice-présidente a porplainte auprès de la police nationale pour faire la lumière sur cette affaire. Principal indice pour savoir qui est derrière cette association fantôme : un chèque fait par l’un des donateurs. Mais bizarrement, depuis janvier, il n’a toujours pas été encaissé.

Source : http://www.info.lnc.nc © 07/06/2007 à Nouvelle-Calédonie

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