Le langage des signes enrichi

« De prime abord, assez stupidement, nous (les guides) imaginions des subterfuges de notre monde d’entendants pour pallier les situations particulières (chutes de pierres, crevasses, etc …) que nous serions amenés à rencontrer en montagne : radios portables avec vigie en tête et en queue de caravane, vibreurs équipant les participants, signalisations visuelles diverses, modifications de certains matériels et pourquoi pas fumigènes, fusées etc. C’était compter sans les sourds… » Paul Pellecuer, guide de haute montagne, chef de l’expédition, souligne les originalités de cette aventure pas comme les autres dans le Grand Sud. À leur manière, les préparations sportives ont contribué au développement du langage des signes. Comme on l’imagine, des mots comme “ drisse “ et “ safran “ ou bien “mousqueton” et “piolet” ne font pas partie du vocabulaire courant de cette langue ! Il a donc bien fallu les inventer, d’autant plus que le matériel sophistiqué qui a été emporté (équipement complet du navigateur et du skieur-alpiniste) ne supporte pas la moindre imprécision. Le vocabulaire de base des exercices alpins existait déjà, il était facile de traduire ski, amont, montagne, etc… en langue des signes. Quant aux termes techniques ou matériels spécifiques à la pratique de l’alpinisme, des signes ont été mis au point. Ils ont affiné et complétés au fur et à mesure des expériences sur le terrain. La présence d’interprètes en montagne s’est avérée doublement efficace car non seulement elle a permis la communication en tant que tel, mais aussi le transfert d’informations capitales pour la sécurité, voire la survie. La langue des signes est particulièrement adaptée aux terrains de montagne. Là où bon nombre d’entendants sont devenus aphones (dans le vent ou l’éloignement), deux ou trois signes suffisent à communiquer sans ambiguïtés. “Les entendants ont été émerveillés par la précision dans la description d’un manchot papou en langue des signes, raconte Daniel Buffart-Moret. En effet, on signe comme un chercheur fait un croquis sur papier. C’est très précis. C’est même plus précis car en même temps on imite aussi ses mouvements, ses gestes, ses mimiques.”

Source : http://www.clicanoo.com © 20/05/2007

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.