La main des sourds

Interprètes en langue des signes : un lien entre sourds et entendants

Les interprètes en langue des signes interviennent dans de nombreuses situations de la vie quotidienne des personnes sourdes

Marie-Madeleine Baloffet et Patricia Gaborit sont interprètes en langue des signes. En 2002, elles ont créé à Lyon, avec Morgane Le Junter, le SIELS : Service d’Interprétariat en Langues des Signes. Elles traduisent pour les personnes sourdes dans de nombreuses situations : à l’école, à l’hôpital, en entreprise ou pour des meetings politiques.
Être interprète en langue des signes, c’est d’abord respecter une déontologie : fidélité du message, neutralité, transparence et secret professionnel. « C’est très important, indique Marie-Madeleine Baloffet. Nous intervenons parfois dans des situations très intimes. Il faut s’effacer, exactement comme les autres interprètes. La langue des signes est une vraie langue, avec sa grammaire, son vocabulaire. »
Au cours de la campagne présidentielle, quelques candidats ont fait appel au SIELS pour leur meeting à Lyon. Ce soir-là, Marie-Madeleine Baloffet et Patricia Gaborit traduisent les paroles de l’un des candidats pour une trentaine de personnes sourdes. Debout sur la scène, bien en vu de leur assistance assise aux premiers rangs, Marie-Madeleine et Patricia se relaient toutes les 15 minutes. Car ce n’est pas de tout repos. « Il fait très chaud sous les lumières, ça va vite. Il faut aussi transmettre l’intention du message, l’énergie du discours, son rythme également », racontent les deux femmes.

S’adapter
Dès le lendemain matin, Marie-Madeleine est à l’hôpital de la Croix-Rouge. Gwendoline et Amine Slimani sont tous les deux sourds. Début mai, ils seront parents pour la deuxième fois. « Pour les consultations, il faut un interprète. Pour ma première grossesse, ça m’angoissait. Mais maintenant, ça va », signe Gwendoline. Marie-Madeleine était là pour la première grossesse et l’accouchement : « les 13 heures, » dit l’interprète, nonchalante. En partant, la future maman lui fait promettre de laisser le portable allumé jour et nuit.
Autre difficulté : s’adapter au niveau de langue des signes des interlocuteurs. Le foyer Clairefontaine à Vaise accueille 17 personnes sourdes avec un handicap mental associé. « Lors des réunions, on ne peut pas faire de la langue des signes pure. Pour les traduire aussi, ça peut être difficile. Ils ont leur propre codage entre eux qu’ils ont appris petits », explique Patricia Gaborit.
L’importance des interprètes, ce sont les personnes sourdes qui l’expriment sans doute le mieux : « Avec un interprète, on ne souffre pas. Les obstacles sont enlevés », résume Amine Slimani.
Isabelle Jaffré

Source : http://www.leprogres.fr © 09/05/2007 à Lyon (France)

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