La main des sourds

Transport en commun, un sourd-muet déclenche une bagarre à bord d’un bus

Les difficultés de transport en commun réservent aux Kinois bien des surprises. Le jeudi de la semaine écoulée, un sourd-muet ayant pris place à bord d’un taxi bus, pour n’avoir pas payé son ticket, en est arrivé aux mains avec le convoyeur qui tenait coûte que coûte à rentrer dans ses droits.

Durant la bagarre, les jeunes de Yolo Kapela s’y sont mêlés pour dévaliser le « receveur » jusqu’à le laisser à poils.

Le receveur d’un taxi-bus desservant la ligne Rond-Point Victoire-Yolo Kapela est resté à poils le jeudi 26 avril dernier vers 20h00 sur l’arrêt Kapela, dans la commune de Kalamu. Et pour cause. Il est entré en conflit avec un de ses passagers, sourd-muet de son état.

Ce dernier ayant consommé son trajet, s’est refusé à payer les frais de transport au motif qu’il est une personne vivant avec handicap.

Un cas social, exempté de ce genre des frais en vertu d’on ne sait quelle loi. Le convoyeur n’a pas voulu l’entendre de cette oreille. Il a actionné ses biceps pour se faire obéir.

Notre sourd-muet n’a pas voulu se faire intimider. Il a réagi avec force surprenante alors que le bus s’acheminait vers l’arrêt final de Kapela.

Une bagarre sauvage s’est déclarée à bord du véhicule. Que des uppercuts à faire voler en éclats des vitres de la Kombi. Les passagers se sont frayés des issues de secours pour échapper à la colère de deux pugilistes.

Malheureusement, arrivé au terminus, le mini-bus a été entouré d’une foule énorme des badauds du coin. La plupart d’entre eux sont venus comme à l’accoutumée pour voir ce qui se passait à bord. Mais, parmi eux, quelques malabars du coin ; ces enfants terribles des arts martiaux appartenant à des écuries des «Hommes forts» tant décriés à travers la capitale. Ils s’y sont mêlés sans se faire prier deux fois.

Leur visée, déposséder le convoyeur de ses recettes du jour. En une fraction de seconde, le receveur s’est retrouvé dans les airs. Toutes ses poches étaient visitées par des mains expertes.

Ayant compris le dessein de ces renforts de circonstance, le convoyeur a tenté de protéger de toutes ses forces les poches volumineuses.

Peine perdue, car le pantalon lui a été arraché dans une brutalité inouïe.

Sans sous vêtement, le pauvre est resté honteusement à poils, faisant la risée de tous les passants.

Source : http://www.liberation.fr – 30/04/2007 à Congo-Kinshasa

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