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Des profs découvrent la langue des signes

Grâce à Benoît Blandin, formateur en langue des signes, les douze stagiaires vont communiquer avec leurs élèves sourds et malentendants.

Pour pouvoir communiquer avec leurs élèves sourds ou malentendants, des enseignants de Loire-Atlantique s’initient à la langue des signes.

« La langue des signes est une langue à part entière », explique, en langue des signes, Benoît Blandin. Nina Baucollin traduit ses propos. Formateur et sourd lui-même, Benoît a à coeur de faire comprendre la richesse de ce langage : « C’est une langue visuelle complexe qui possède un vocabulaire, une syntaxe, une grammaire propre et implique les expressions du visage, les mouvements des mains et plus généralement tout le haut du corps ». Depuis la loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », les enfants sourds sont systématiquement accueillis dans les établissements scolaires. Pour aider à leur intégration, des personnes « interfaces », maîtrisant la langue des signes, sont présentes dans les classes.

Un langage avec son argot, son humour

En Loire-Atlantique, 125 élèves sourds ou malentendants suivent leur scolarité au milieu de leurs camarades entendants, dans 75 écoles primaires, collèges ou lycées. Pour permettre à leurs professeurs de mieux communiquer avec eux, le rectorat de l’Académie de Nantes a mis en place une formation au langage des signes. Pour la première fois cette année, onze enseignants et un conseiller principal d’éducation ont suivi un stage d’initiation à l’Institut public pour jeunes sourds et malentendants de la Persagotière (IPJSM), à Nantes. La formation s’étend sur huit jours, répartis de novembre à avril. « As-tu fait tes devoirs hier ? », « arrêtez de bavarder ! », « as-tu compris ? », l’apprentissage est basé sur des situations quotidiennes. À l’issue de la dernière journée, les avis sont unanimement enthousiastes. « J’ai découvert un autre univers, raconte Chantal, c’est une autre culture avec ses subtilités, son argot et son humour. Mais ce qui est important, c’est de pouvoir accueillir nos élèves sans l’intervention d’une tierce personne. » Dominique acquiesce : « On leur donne beaucoup de bonheur avec deux ou trois mots. Une fois par semaine, je fais cours à un élève sourd qui est seul dans une classe d’entendants. C’est encore plus important pour lui. Le jour où j’ai pu le saluer en signant, je l’ai vu sourire. »

Au programme du Bac

Bien sûr, comme toutes les langues, celle-ci demande un apprentissage plus long, mais d’ores et déjà, les participants sont plus à même de comprendre les difficultés que rencontrent les élèves sourds. « Je me rends compte que l’on ne peut pas à la fois écrire, regarder le professeur et signer, constate une participante. En fait, ce dont on a pris conscience ici peut servir à toute la classe. Il faut sans cesse faire des pauses, des redites, prendre son temps et ne pas parler pendant que les enfants écrivent. »

« Le regard porté sur les personnes handicapées a changé, conclut Benoît. Avant, les sourds devaient s’adapter à la société. Aujourd’hui, la société s’adapte au handicap en proposant des possibilités d’intégration. » Signe tangible de ce changement, la langue des signes est au programme du baccalauréat. Les lycées des Bourdonnières à Nantes et Chevrolière à Angers proposent la langue des signes comme troisième langue vivante. La première session aura lieu en 2009.

Source : http://www.ouestfrance.fr © 28/04/2007 à Nantes (France)

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