Un language des signes pour tous

Ils ne sont pas sourds mais ont décidé d’apprendre la langue des signes. Chaque mardi, ils suivent les cours proposés par Sandrine Boucherie, de l’association Fais-moi un signe.

Depuis qu’elle est toute petite, Audrey, originaire de Caen, rêve d’apprendre la langue des signes. Passionnée par le monde de la mer, cette jeune femme travaille depuis peu à l’aquarium de Saint-Malo : « J’aimerais proposer des visites de l’endroit en langue des signes ». Inscrite depuis le mois de septembre aux cours de LSF, proposés par l’association Fais-moi un signe, elle progresse rapidement en compagnie de cinq autres élèves. Tous sont des « entendants ».

« Dépasser le regard des autres »

Les raisons pour lesquelles ils assistent aux cours dispensés par Sandrine Boucherie, sourde profonde, sont diverses. Marie-Pierre est là par curiosité. « J’étais fascinée par les personnes sourdes que je voyais dialoguer en ville ou à la plage. Du coup, je me suis inscrite aux cours. C’est ma troisième année mais je ne suis pas encore tout à fait au point. » Depuis qu’elle fréquente les cours, Marie-Pierre a appris à s’extérioriser. « La première fois, j’étais très gênée d’avoir à exprimer des sentiments avec mon visage et mes mains, se souvient-elle. Aujourd’hui, ça m’est complètement égal. J’ai réussi à dépasser le regard des autres».

Cédric et Aurélie apprennent la langue dans le cadre d’un projet professionnel. Aurélie est auxiliaire de vie et prépare le concours pour être éducatrice de jeunes enfants. « Pour moi, c’est un plus, confie la jeune femme. C’est aussi un plaisir. »

Janik, elle, est maman d’un jeune homme sourd. Elle s’est longtemps passé des signes pour communiquer avec son fils parce que ce dernier arrivait à parler. En revanche, sa belle-fille, qui ne peut pas parler, signe. Du coup, Janik a commencé à apprendre la langue avec elle, munie d’un dictionnaire. Depuis qu’elle fréquente le cours, elle apprend plus rapidement. « Mais ce n’est pas évident. Il faut avoir une bonne mémoire. Je pense que plus on vieillit, plus c’est difficile ».

« En plus de la mémoire, l’une des difficultés de la langue, explique Véronique Bernard, bénévole de l’association, c’est l’ordre des mots. Contrairement au français, la langue des signes place le verbe à la fin de la phrase. Pour comprendre ce que signe quelqu’un, il faut donc attendre qu’il ait fini sa phrase. »

« Il faut prendre en compte cinq paramètres, signe Sandrine Boucherie. L‘expression du visage, le mouvement des mains, la configuration des mains, la direction du mouvement et la place du geste ».

En langage des signes, Saint-Malo s’illustre de la manière suivante : une main sur l’oeil. En souvenir, sans doute, du passé corsaire de la ville. Renseignements au 02 99 89 86 62..

Le cours du mardi, à 18 h, est composé de (au fond, de gauche à droite) Marie-Pierre, Cédric, Sandrine Boucherie (la professeure) et d’Hélène, Janik, Audrey et Aurélie (au premier plan).

Source : http://www.maville.com – 16/03/2007 à Saint-Malo

1 commentaire
  1. MARYLENE MAHE dit

    Bonjour, C’est super ce que vous appreniez la langue des signes.
    Moi même, j’ai commencé hier soir niveau 1, j’appréhendais un peu,mais j’ai trouvé celà génial, mais il faut bcp de concentration, de mémoire et d’expressions. celà fait au moins 15 ans que j’avais envie de connaître ce monde et enfin je me suis inscrite étant plus disponible. Les cours sont assurés par Véronique. Bon courage à Tous et peut être aurons nous l’occasion de nous rencontrer un de ces jours …
    A bientôt et félications.

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