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Les services en ligne doivent s’adapter aux sourds

Tandis que, depuis début avril, TF1 et M6 proposent un sous-titrage de leurs journaux télévisés, l’Union nationale pour l’insertion sociale des déficients auditifs (Unisda) s’interroge sur l’accessibilité des vidéos consultables sur Internet par les 450 000 personnes qui souffrent de ce handicap. En effet, si Internet a constitué depuis quinze ans un incontestable moyen d’information et de communication pour les sourds, la généralisation du haut débit a multiplié les sites sonores, par définition incompréhensibles. Quant aux vidéos à la demande proposées par les chaînes de télévision, elles ne sont généralement pas traduites en langue des signes ni sous-titrées. Or “les programmes, tout comme la vidéo, constituent des éléments de l’intégration dans la société”, plaide Jérémie Boroy, président de l’Unisda. Les associations regrettent aussi que la plupart des sites des partis politiques ne soient pas traduits en langue des signes. En revanche, la transmission d’images animées en temps réel est une opportunité nouvelle. Les sourds équipés d’une webcam utilisent la visiophonie pour échanger en langue des signes. La vidéo permet aussi de traduire des documents, notamment administratifs, disponibles en ligne. “Le français écrit constitue pour eux une langue étrangère”, explique François Goudenove, directeur de Websourd, société coopérative d’intérêt collectif créée pour favoriser l’accès à l’information. “Un adulte sourd peut connaître des difficultés, notamment lorsqu’il lit un formulaire. La confusion entre deux termes administratifs est fréquente”, avance M. Goudenove. Les sites de certaines collectivités locales, à l’image de celui de la ville de Toulouse, proposent la traduction des démarches administratives nécessaires à la demande d’un passeport, à la déclaration d’une naissance ou à l’inscription sur les listes électorales. Websourd veut créer un service public d’interprétation en ligne qui suppléerait le téléphone, auquel les sourds n’ont pas accès. Des interprètes placés devant une webcam, dans un “centre-relais”, échangeraient tour à tour avec la personne sourde et l’agent public. “Ce service permettrait non seulement de contacter l’administration, mais aussi la hot line du fournisseur d’accès à Internet, qui n’est jamais joignable autrement que par téléphone”, explique M. Boroy. Reste à résoudre deux problèmes : le manque d’interprètes en langue des signes (200 en France) et le financement. “Aux Etats-Unis, le service est financé par une taxe annuelle de 2 dollars sur chaque usager du téléphone”, indique M. Boroy. Il ne désespère pas de convaincre les candidats à l’élection présidentielle.
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Source : http://www.lemonde.fr – 10/04/2007 à France

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