Les sourds veulent mieux se faire comprendre

« La langue des signes est riche et variée. Elle permet d’échanger, de parler et même de raconter des histoires », selon Michel Girard, président de l’association des sourds de Laval et de la Mayenne.

Lors de la journée nationale de l’audition, aujourd’hui, l’association des sourds de Laval veut sensibiliser les personnes qui entendent à leur condition.

Les « entendants » ne connaissent pas bien les sourds. Président de l’association des sourds de Laval et de la Mayenne, Michel Girard veut mieux faire connaître cette communauté aux handicaps variés. Et il veut d’abord casser quelques clichés. Être sourd, par exemple, ne veut pas dire avoir des parents sourds.

« Les miens sont «entendants». À l’époque, c’était difficile de faire des analyses. Donc je ne sais pas pourquoi je suis devenu
sourd. » Mais il a une certitude : « Des parents sourds ne font pas des enfants sourds. 90 % des sourds sont nés de parents «entendants»… »

Si la condition des sourds a évolué avec le temps, tous ne connaissent pas la langue des signes. « Les anciens, surtout. À leur époque, on ne parlait pas cette langue. Maintenant tous les jeunes sourds sont formés et l’apprennent. »

« Peu connaissent la langue des signes »

Reste que cette langue est mal enseignée aux « entendants ». « Il faudrait plus d’interprètes, même si des progrès ont été faits. » C’est ainsi qu’à Laval, des interprètes interviennent de plus en plus souvent lors des événements ou pour des discours importants, comme les voeux de la municipalité.

Mais les besoins sont énormes. « C’est difficile de se faire comprendre dans l’administration ou dans les mairies. Personne, ou presque, ne connaît la langue des signes. Il faudrait que les gens qui sont chargés de l’accueil aient quelques rudiments. »

Surtout que la langue des signes est une langue riche et variée. Avec un grand esprit d’invention de la part des personnes sourdes. « Les gens sont baptisés quand on les rencontre. » Un signe qualifie la forme du visage ou un trait du comportement. « Et on peut voyager et se faire comprendre. Si vous allez en Chine, vous ne pourrez pas communiquer. Un sourd, lui, pourra se faire comprendre. »

Enfin, l’association aimerait que les « entendants » soient mieux informés sur les comportements à adopter. « Certaines personnes ont un appareil auditif. Eux peuvent entendre un peu. À condition de parler lentement, d’articuler et de faire des phrases simples et courtes. »

D’autres sont des sourds profonds. « Certains peuvent lire sur les lèvres et sur le visage. Dans ce cas-là, ils ont besoin qu’on les regarde de face. » L’association demande tout simplement une meilleure attention des entendants. Et elle a des signes pour ces mots.

Source : http://www.ouestfrance.fr © 15/03/2007 à Laval (France)

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