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Hauts de Seine Habitat

Les sourds ont besoin de traducteurs pour exercer leur citoyenneté

Des interprètes en langue des signes ont présenté leur profession, samedi, à Poitiers, à travers leur association, l’AFILS (1).

L’association française d’interprètes en langue des signes, créée il y a presque trente ans, a pour objectifs de promouvoir et de défendre ce métier. 76 traducteurs sur 180 comptabilisés en France y sont affiliés. « Mais, précise Guylaine Paris de l’antenne parisienne, nous ne sommes pas un service. On ne peut pas faire appel directement à nous pour un service de traduction. Des structures existent à cette fin. » Des personnes sourdes et entendantes ont participé à divers ateliers au Toit du Monde à Poitiers afin d’approcher de plus près cette spécialité, d’en présenter les difficultés et les subtilités. Tout en veillant par ailleurs à respecter un principe de neutralité et des règles déontologiques (« l’erreur consistant par exemple, à prendre la place du sourd »). Guylaine Paris observe que les demandes sont de plus en plus nombreuses mais que, faute de finances, les postes sont en nombre insuffisants. Leur faire appel devient un cassetête. Rafaèle Garat recourt assez souvent à un traducteur en langues des signes sur son lieu de travail, le CAT pour sourds aveugles adultes de la Varenne, à Saint-Benoît. « Je suis une citoyenne à part entière. En tant que sourde, j’ai besoin d’être informée. Mais les traducteurs
ont énormément de demandes. Ils ont un planning. Il faut les prévenir un mois avant. On est très souvent coincés. Ce n’est pas simple et nous ne sommes pas libres d’agir comme nous le souhaiterions », témoigne la Poitevine. Des aides financières pour solliciter un traducteur Son souhait : « J’aimerais qu’il y en ait plus et qu’il y ait de l’argent public pour les rétribuer car nous sommes obligés de les payer de notre poche, ce qui peut revenir très cher. » Rafaèle Garat évoque la frustration que peuvent ressentir les personnes sourdes. Très peu de spectacles sont traduits, « seuls les spectacles visuels leur étant accessibles ». Alors, elle exprime sa révolte : « on ne peut pas exercer notre citoyenneté dans son intégralité. La loi sur les droits des handicapés a été votée en 2005 mais les choses n’évoluent pas. » (1) Antenne du grand ouest de l’Association française d’interprètes en langue des signes :
Virginie Zoutu 15 chemin de l’Hypogée à Poitiers.

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr – 15/01/2007 à Poitiers (France)

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