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Hauts de Seine Habitat

Surdité : la révolution de l’implant cochléaire

Cet appareil, désormais très performant, reste encore sous-utilisé en France.

L’IMPLANT cochléaire permet à des enfants nés avec une surdité profonde de retrouver l’audition et d’acquérir la parole. Il y a cinquante ans, le premier implant était posé. Depuis, les appareils se sont perfectionnés, miniaturisés, avec des procédures de pose et de surveillance standardisées.

Pourtant, comme le dénonce le professeur Bernard Meyer, chef du service d’ORL (hôpital Saint-Antoine), certains médecins, pédiatres ou orthophonistes ignorent encore les bénéfices que l’on peut en attendre et omettent de le proposer à des parents désespérés à qui l’on vient d’annoncer que leur bébé n’entend pas. En 2005, 300 enfants sourds ont subi la pose d’un implant cochléaire. Sur les 800 nouveau-nés sourds naissant chaque année en France, un grand nombre répondent aux critères nécessaires pour être appareillé. Par ailleurs, plus de 300 adultes bénéficient chaque année d’un implant du fait d’une surdité profonde acquise, avec au total, quelque 3 500 personnes (enfants et adultes) vivant avec un tel dispositif.

Le fonctionnement cochléaire et la physiopathologie des surdités profondes sont longtemps restés une énigme jusqu’en 1930, date à laquelle il a été démontré que le rôle essentiel de la cochlée, (situé dans le rocher) était de transformer une énergie acoustique en énergie électrique. D’où l’idée née dans les années 1950, en cas de cochlée déficiente, de stimuler directement les terminaisons nerveuses auditives par un message électrique. En 1957, le premier implant cochléaire est posé en France. Après une période de développement menée chez l’adulte sourd profond, l’application de la technologie aux enfants n’a vraiment commencé qu’au début des années 1990. Depuis, l’implant cochléaire pédiatrique est entrée dans le domaine thérapeutique à part entière.

Deux heures d’intervention

Schématiquement, la pose commence par l’implantation d’un porte-électrodes dans l’oreille in­terne, d’une antenne et d’un stimulateur dans le cuir chevelu, un microphone porté à l’extérieur en contour d’oreilles, étant relié à ce système pour capter les sons et les transmettre directement au nerf auditif. L’intervention dure deux heures, sous anesthésie générale. Suivent quelques jours d’hospitalisation, une phase de réglage et de rééducation avec des orthophonistes. Selon le professeur Noël Garabédian (hôpital Trousseau, Paris), plus l’implantation est précoce chez l’enfant, avant 18 mois, et meilleurs seront les résultats. Un tel appareillage demande une forte implication des parents et un suivi orthophonique pendant les deux premières années au moins. Si des progrès sont encore à attendre du côté de la technologie, le dépistage systématique de la surdité dès la naissance pourrait permettre une prise en charge précoce : aujour­d’hui, 80 % des bébés sourds ne sont pas détectés d’emblée. L’Institut francilien d’implantation cochléaire (Ific) créé en 2005, à l’initiative de cinq centres hospitaliers de la région parisienne, anime le premier réseau Ville-Hôpital consacré au suivi technique, à l’accompagnement des personnes porteuses d’implant cochléaire. Ce système de « guichet unique » a l’intérêt de regrouper dans un même lieu toutes les associations d’usagers, comités d’experts, psychologues, fabricants d’implants, et de permettre un travail d’expertise et de suivi pluridisciplinaire pour les patients.

Géré par une association loi de 1901, financé à 90 % par l’Agence régionale d’hospitalisation et l’Assurance-maladie, il est éga­lement soutenu par l’Assistance publique de Paris et par des dons et notamment ceux de Françoise Bettencourt Meyers qui s’est impliquée dans l’Ific depuis sa création.

http://www.lefigaro.fr – 13/02/2007 à France

Merci à fredyoyo et t.ta quoc pour info

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