Le langage des signes : une lutte de plus d’un siècle

Après trois ans de travaux, le théâtre de l’International Visual Theatre (IVT), emblème de cette association, a été inauguré hier soir. Une nouvelle étape d’un long combat pour le langage des signes.

Quelles sont les origines de l’International Visual Theatre (IVT) ?

L’IVT est né en 1977. Un an auparavant, Alfredo Corrado, un artiste sourd américain, débarque en France et découvre l’absence de lieux permettant l’apprentissage de la langue des signes. Bien que ce soit un Français, l’Abbé de l’épée, qui ait inventé ce langage au 16° siècle, le congrès international de Milan, en 1880, bannit ce langage dans toute l’Europe. Les entendants oralistes considèrent en effet que les sourds doivent apprendre à parler pour s’intégrer dans la société, en apprenant à lire sur les lèvres puis à oraliser. D’autant que selon eux, le langage des signes ne permet pas de parler de Dieu…

Quelle mission se donne l’IVT ?

Près d’un siècle plus tard, l’IVT se donne donc pour mission, de lever cet interdit. D&ans les instituts spécialisés, les sourds ont continué à parler ce langage qui meur est nature, mais pendant la récréation, le signage étant interdit en cours.
En 1991, la loi Fabius favorise le choix d’une éducation bilingue par les sourds. Et en 2005, une loi décrète la Langue des signes comme langue officielle en France. Mais les professeurs sourds ne sont pas reconnus de façon officielle par l’Education nationale et ce sont des professeurs entendants qui signent. Et les moyens manquent.

Pourquoi et comment se battre pour la langue des signes ?

La langue des signes permet aux sourds « d’acquérir des concepts et donc d’avoir ensuite plus facilement accès à la langue française », explique Stéphane Judé, administrateur de l’IVT. L’association a donc fait le choix, dès le début, de développer ce langage par la culture. Le château de Vincennes a longtemps été leur lieu de travail, de réunion et de spectacle. L’endroit où trente spectacles, destinés aux sourds comme aux entendants, furent pensés et réalisés. Mais l’administration étant décentralisée, il devenait urgent de tout réunir dans un même lieu. D’où l’ouverture du Centre de la Cité Chaptal.

Source : http://www.20minutes.fr – 17/01/2007 à Paris (France)

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