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Les interprètes en langue des signes tendent la main au public

Ils sont 179 en France et on entend peu parler d’eux. Le 13 janvier, le CILS propose une journée portes ouvertes à Poitiers pour découvrir le métier d’interprète en langue des signes.

« J’ai l’impression de redonner une citoyenneté aux sourds », explique Geneviève Decondé.

J’ai l’impression de redonner la parole à ceux qui ne l’ont pas, de redonner une citoyenneté aux sourds. Vingt-cinq ans que Geneviève Decondé est interprète.
Elle signe depuis bien plus longtemps. Pour jeter un pont entre deux mondes. « A l’origine, j’étais professeur pour enfant sourd. Lors d’un voyage aux États-Unis, à
l’université pour sourds du Gallaudet Collège de Washington DC, je me suis rendue compte qu’être interprète, ça pouvait être un métier.»

Un diplôme de Paris VIII en main, elle s’est lancée en libérale. Puis a monté le service d’interprètes à Biard en 1995. Particularité du CILS (centre d’interprètes en langue des signes) : la formation de guides-interprètes pour sourds et aveugles. On signe dans la main. « On tente de mettre en place une formation nationale de diplôme en langue des signes tactile. Mais on se heurte à des problèmes de financement. »

Une langue reconnue en 1991

La langue des signes n’a été reconnue qu’en 1991 en France.«On est vraiment en retard. La récente loi sur le handicap donne droit au recours d’un interprète professionnel. Mais il est bien difficile pour les sourds d’obtenir une place dans la
société. Notre métier est débutant, alors que c’est la troisième langue aux États-Unis.» Dans l’Hexagone, le déficit d’image est criant. Dernière preuve en date : TF1 n’a pas fait appel à un interprète diplômé pour la traduction de l’élection Miss France à Poitiers, « alors que nous sommes juste à côté. »

Que l’on s’exprime oralement ou par signes, le métier d’interprète est le même. « On suit une formation d’un an après avoir obtenu une maîtrise en langue des signes. Nous sommes amenés à intervenir partout. » Dans tous les moments importants d’une vie.

Un interprète fait vœu de discrétion. « Nous avons un code éthique : le secret professionnel, la fidélité au message et la neutralité. C’est ce qui est apprécié par les personnes qui font appel à nous. Les sourds ont souvent été aidés par des proche sou des accompagnateurs qui arrangeaient le message, croyant bien faire. Nous, non. »

Son souhait pour 2007 ? « Que la langue des signes ait droit de cité. A la veille des élections, c’est normal que chaque citoyen puisse aller voter en ayant pris connaissance de tous les discours. » De même, l’interprète voudrait la mise en place de chèques services pour compenser le handicap. Payer 40 € de l’heure pour assister à une réunion de classe de son enfant ou pour se rendre chez le notaire, c’est un peu fort de café. « C’est à la société de s’en occuper. »

Source : http://www.lanouvellerepublique.fr – 13/01/2007 à Poitiers (France)

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