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À l’école de la Pointe, des cours de langue des signes

Depuis 20 ans, elle intègre des enfants entendants et déficients auditifs.

Samedi, de 9 h 15 à 9 h 45, dans la classe de CM1 de Marine Behrel. Des élèves silencieux et concentré, regards braqués sur le professeur. Mais une classe vivante. Avec des élèves participatifs. Vifs à lever la main pour répondre aux questions. Qui rigolent aussi, parfois, juste ce qu’il faut. De quoi faire rêver de nombreux enseignants. C’est le résultat impressionnant qu’obtient Fabrice Monmarchon, lui-même malentendant, l’un des deux enseignants en langue des signes française au groupe de la Pointe. Vingt minutes par semaine pour les maternelles à partir de la moyenne section. Une demi-heure pour les primaires.

Fabrice Monmarchon ne s’exprime qu’avec les mains. À cette gestuelle particulière propre à cette langue qui dispose de sa grammaire et de son alphabet. Cette fois-ci, il leur apprend à dire « lundi », « mardi », et les autres jours de la semaine. Puis, au tableau, il accroche un poster représentant un paysage de montagne sous la neige avec un bonhomme de neige, des personnages qui font de la luge, etc. Son visage est très expressif, ce qui fait partie intégrante de la langue.

« Ça nous plaît beaucoup »

Sans difficulté apparente, les élèves apprennent à faire les bons gestes pour exprimer ces choses ou ces actions. Une facilité et un plaisir d’apprendre qui étonnent. « C’est normal qu’on se débrouille ! On en fait depuis la maternelle ! » s’exclame Loraly. « Ça nous plaît beaucoup », affirme un élève. « Comme ça, on peut parler avec nos trois camarades de la classe qui sont malentendants », ajoutent plusieurs élèves en choeur.

Sarah, Guillaume, et Océane sont déficients auditifs, à divers degrés. Mais sont parfaitement intégrés à la classe. « Les autres élèves peuvent communiquer avec nous. C’est super, précise Guillaume, malentendant mais qui s’exprime très bien oralement. Il y a les signes, mais aussi, on lit sur les lèvres, et on est aidé par nos prothèses auditives. »

« L’objectif n’est pas d’apprendre la langue des signes aux élèves entendants, mais de les sensibiliser », précise Joëlle Ropars, directrice. Néanmoins, ce cours est contrôlé, et donc noté.

Paradoxalement, pour les enfants malentendants, la langue des signes n’est pas une priorité. « Beaucoup d’enfants sourds « verbalisent » même si c’est avec difficulté. Et c’est notre but. Les malentendants perçoivent de mieux en mieux les sons grâce aux récentes prothèses auditives numériques, plus sensibles », explique Sylvie Rogel, responsable de l’Association finistérienne des déficients auditifs.

Initiation des enfants entendants à la langue des signes, intégration d’élèves malentendants dans les classes, cette école originale séduit aussi les parents. François, père de deux enfants entendants, raconte : « On avait la possibilité de scolariser Guillaume et Marine dans une école plus proche de notre domicile. Mais cette « ouverture » de l’école nous a plus. Dès la maternelle, ils côtoient naturellement des enfants malentendants ou handicapés. Ça ne les étonne plus de voir des personnes communiquer en langage des signes. Ils sont habitués. Chacun apprend à vivre ensemble, avec ses différences. »

Source : www.ouest-france.fr © 11 Décembre 2006 à Brest

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