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Hauts de Seine Habitat

Les vendeurs sourds sont de retour sur les terrasses

Une petite carte déposée sur votre table, quelques briquets à 10 francs, et à votre bon cœur messieurs dames! La Fédération suisse des sourds dénonce ces pratiques.

COMMERCE La vente de quelques babioles ne peut pas être considérée comme de la mendicité, même si elle s’en rapproche fortement

Cela faisait un moment qu’on ne les avait pas revus arpenter les terrasses des bistrots. Depuis lundi, ils semblent avoir opéré un retour en force à Lausanne. Eux, ce sont les vendeurs sourds qui font la manche entre les tables, en proposant de petits objets. «Ces gens nous causent du tort, en jouant la carte de la pitié alors que nous prônons tout le contraire: l’indépendance des personnes atteintes de surdité», s’insurge la Fédération Suisse des Sourds, basée à Lausanne.

Le procédé reste immuable. Vous êtes tranquillement assis à une terrasse, un individu passe de table en table en y déposant de petits objets et une carte plastifiée. Sans un mot. Au verso de la carte: l’alphabet du langage des signes. Au recto: l’explication de la démarche, en français et en allemand. «Bonjour, je suis sourd (e). Je ne demande pas la charité, juste une petite aide pour vivre dignement dans cette société. Je vous offre ce petit objet au prix de 5 – 7 – 10 frs. Merci.» A votre bon cœur Messieurs Dames!

«Terrible pour l’image des sourds»

«Ces personnes, qui viennent de l’étranger, sont généralement sourdes pour de bon. Il n’empêche. Aux terrasses, on doute de la surdité de ces gens-là. On fait un amalgame fâcheux avec tous les sourds que l’on associe, en plus, à la mendicité. C’est terrible pour l’image», déplore-t-on à la Fédération suisse des Sourds. Mais ont-ils droit de pratiquer de la sorte? «S’ils peuvent se revendiquer d’utilité publique, il n’y a pas de problème. Mais cela ne semble pas être le cas», explique-t-on à la police cantonale du commerce. «L’idéal, c’est de leur demander leur autorisation de collecte, ou leur carte de commerçant itinérant. S’ils n’en ont pas, il faut les dénoncer au premier poste de police.»

«A un degré ou à un autre, ces gens sont exploités»

A la police cantonale, on affirme que ces vendeurs ne sont en fait pas des mendiants, puisqu’ils fournissent une prestation. Ils ne tombent donc pas sous le coup de la loi. Jean-Christophe Sauterel, porte-parole: «Il ne faut toutefois pas se voiler la face. Selon nos informations, derrière cette pratique se cache une organisation internationale. Toutes ces personnes proviennent de pays de l’Est, notamment de Roumanie. Et ces gens sont, à un degré ou à un autre, exploités.» En mai 1998 à Genève, une Hongroise sourde portait plainte contre son «employeur». Elle vendait des babioles dans les restaurants et devait rétrocéder l’essentiel de ses gains. En moyenne, elle «rapportait» entre 600 et 800 francs par jour en vendant des briquets à dix francs, briquets achetés en gros à un franc pièce.

Source : http://www.24heures.ch © – 05/07/2006 à Suisse

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