La main des sourds

Blandine Vieau a la passion de la langue des signes

Blandine Vieau, une passionnée de la langue des signes échange aussi bien avec les entendants que les malentendants.

Depuis plus de cinq ans, le café des signes est un moment privilégié pour les malentendants et les entendants. Rencontre avec Blandine Vieau, une passionnée de la langue des signes.

Chaque deuxième vendredi du mois, les entendants et malentendants peuvent se retrouver au Pub Saint-Martin, grâce notamment à l’initiative de Brigitte Debast. Habitant, le pays des Mauges, Blandine Vieau vient régulièrement. Actuellement professeur en langue des signes française au centre Charlotte Blouin à Angers, Blandine Vieau pratique la langue des signes depuis neuf ans. Après avoir fait une maîtrise de LEA (Lettres étrangères appliquées), l’étudiante a voulu devenir un professeur spécialisé. « Hospitalière à Lourdes, j’ai vu un groupe de malentendants avec un prêtre qui traduisait. J’ai voulu aller plus loin. »

La langue des signes a été élaborée au XVIIIe siècle par l’abbé de l’Épée. Il avait compris que « les « sourds » étaient des personnes comme les autres. Le XIXe a vu une véritable reconnaissance de la culture des sourds jusqu’en 1880 où le congrès de Milan a mis fin à la langue des signes. » Cette situation durera jusque dans les années 1970. « Pendant cette longue période, on attachait les mains des enfants pour qu’ils ne signent pas. C’est toute une identité qui s’est perdue. » Aujourd’hui, les enfants, les adolescents et les adultes apprennent la langue des signes.

La langue des signes, « c’est la langue de l’espace ». En effet, malgré elle, les mains de Blandine Vieau ne cessent d’agrandir, diminuer l’espace. Langue à part entière avec sa grammaire, la LSF peut s’apprendre en stages d’une semaine de 30 heures en dix niveaux et comme pour toutes les langues, la pratique quotidienne est nécessaire. « Pour signer, nous partons de la configuration de la main, ouverte ou fermée ; son orientation, haut, bas, gauche, droite ; l’emplacement des signes, au niveau du visage, de la poitrine, des hanches ; le mouvement des bras, des poignets et l’expression du visage participent à la compréhension. Dans cette conception visuelle, la situation où se situe l’action est d’abord exprimé, ensuite c’est le sujet, enfin l’action. C’est une autre représentation du monde. »

Le vocabulaire évolue aussi comme une langue, de nouveaux signes apparaissent pour exprimer Internet par exemple. « Il existe des expressions intraduisibles. » Pour le café des signes de Beaupréau, Blandine Vieau a de nombreuses idées : « La formule a besoin d’être renouvelée. On pourrait créer des après-midis jeux, envisager des sorties… » Les personnes intéressées, entendantes et malentendantes peuvent se renseigner auprès de Blandine Vieau, fax : 02 41 75 44 62 ou tél. 06 74 56 92 22.

Source : www.ouest-france.fr © 30 Décembre 2004

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