La main des sourds

Quatre ans pour l’agresseur d’une femme sourde-muette

Un habitant de Saint-Louis a été condamné à quatre ans de prison pour avoir tenté de violer une jeune femme handicapée qu’il avait prise en auto stop.

D’habitude, les auteurs de viols ou de tentatives de viol ont voulu assouvir une pulsion sexuelle. Mardi matin, le tribunal correctionnel a dû examiner le cas d’un agresseur mû par un mobile pour le moins inattendu: le 3 juillet dernier, parce qu’il était « énervé » selon sa propre expression, et aussi parce qu’il la considérait comme responsable de la casse de sa voiture, Glen Goyetta, 30 ans, domicilié à la tribu de Saint-Louis au Mont-Dore, a tenté de violer une jeune femme. Glen Goyetta est le frère du jeune Mélanésien tué par balle au cours des événements de Saint-Louis. Sa victime, sourde mais pas complètement muette, a réussi à se défendre et à alerter le voisinage en poussant des hurlements.

Traumatisme crânien

La jeune femme qui avait passé la nuit en discothèque avait été prise en stop dans un abribus par son futur agresseur. Mais au lieu de la reconduire chez elle, Glen Goyetta reprend la route de Nouméa et retrouve d’autres amis qui montent à leur tour dans la voiture. L’un d’eux s’énerve de la présence de la jeune femme qui, de surcroît, semble ne rien comprendre à leurs propos. Tout le monde s’agite et, l’alcool aidant, une bagarre éclate. C’est ainsi que l’un des fêtards pulvérise la vitre latérale de la vieille Renault Supercinq. Lorsqu’il se retrouve seul avec sa passagère, Glen Goyetta la conduit au bord de mer à Saint-Louis, la frappe, la couche à terre et la dénude. Il s’apprête à consommer le viol lorsque l’arrivée d’une voisine le met en fuite. La victime s’en sort avec un traumatisme crânien, des contusions aux vertèbres cervicales, et un choc psychologique important.

Personnalité fragile

Le lendemain, l’auteur est arrêté par les gendarmes au terme d’une course poursuite en voiture au cours de laquelle il manque plusieurs fois de provoquer un accident.
« Cet homme n’est pas un pervers » tranche l’expert psychiatre « mais un anxieux, un impulsif, une personnalité fragile. » Il est passé à l’acte pour soulager sa colère.
Ce qui en fait un personnage dangereux pour la société aux yeux du premier substitut Carrier: « Si la victime ne s’était pas débattue, si personne n’était intervenu, cet homme se serait retrouvé aux assises et aurait été condamné à dix ans de réclusion. »
« Mais nous ne sommes pas devant la cour d’assises » a rétorqué Me Lucas. « Cet homme a eu un court-circuit au cours d’une nuit de fête. Il a pété les plombs comme l’on dit. Mais par ailleurs, c’est un père de famille, un salarié qui travaille pour nourrir sa famille. Il mérite de pouvoir être mis à l’épreuve. »
Le tribunal ne l’a pas entendu de cette oreille.

http://www.lnc.nc11 Aout 2004 à Nouvelle-Calédonie

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