La main des sourds

Au doigt et à l’oeil

Georges Charbon et son amie, avec leur hôte, Jean-François Goetschy

A Cernay, Jean-François Goetschy fait partie des nombreux habitants qui hébergent des cyclotouristes. Petite particularité, Jean-François est président de l’association socioculturelle des sourds du Haut-Rhin. Ses invités, comme lui, n’entendent pas.

« Faire du cyclotourisme quand on est sourd ? Ça ne pose pas de problème », explique Georges Charbon, secrétaire national de la Coordination France-Seniors des Sourds. « Tout au plus, nous équipons nos vélos d’un rétroviseur à droite du guidon et nous avons l’habitude de nous retourner tous les 500 m pour voir ce qui se passe dernière nous. Il faut être attentif à sa trajectoire et bien signaler, à la main, ses changements de direction ». Malgré cela, reconnaît-il, les sourds qui pratiquent le cyclotourisme sont peu nombreux.
A 68 ans, Jean Charbon est un sportif accompli. Président fondateur du Club Cycliste de Cognin-Chambéry, il explique sa passion pour le cyclotourisme : « Mon rêve de jeunesse c’était de faire le tour de France en cyclocamping. J’ai déjà fait 9 000 km. Il me reste le Nord à faire, ce sera pour l’année prochaine, après Oloron-Sainte-Marie ! » Il en est à sa 17 e Semaine Fédérale : « C’est du tourisme, ça me permet de visiter la région. Je viens pour faire du vélo, mais aussi pour déguster les spécialités, les bons vins. Et l’Alsace est magnifique ! ». Six amis sourds l’ont accompagnés à Cernay. Ce soir, chez Jean-François, ce sera la fête, en compagnie d’autres malentendants du secteur et l’occasion pour Georges de raconter son dernier Milan-San Remo, ses randonnées à VTT au Maroc dans le Massif de l’Atlas.
« Cette fête, j’y tenais, insiste Jean-François Goetchy, c’est notre manière à nous de participer à l’accueil pour que cette Semaine Fédérale soit une réussite. Le vélo, ça me fait un bien énorme, ça me donne de l’énergie et j’oublie tous mes soucis ! », sourit Georges Charbon. Ces derniers jours de la Semaine Fédérale, ses amis et lui vont se laisser glisser silencieusement sur les routes balisées par le Cosfic. Le brouhaha qui accompagne la cohorte des cyclotouristes, ils ne connaissent pas, un atout peut-être qui leur permet de découvrir dans le calme et la sérénité une région qu’ils aiment bien.

Un article lu : Dernières Nouvelles d’Alsace

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