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Quinze ans de réclusion pour l’assassin sourd-muet

LE PROCÈS DE MOSTEFA GANA, 59 ans, s’est refermé sans avoir révélé tous ses mystères. Hier, l’accusé a été condamné à quinze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Seine-et-Marne à Melun pour avoir assassiné Suzanne Diot, 74 ans, à Dammarie-lès-Lys, le 7 septembre 2001. Difficile de capter son regard, caché derrière deux épais verres de lunettes, au moment où le verdict a été rendu.

Mais l’homme, les tempes grisonnantes et le crâne dégarni, sourd-muet, ne sachant ni lire ni écrire et parlant mal le langage des signes, n’a pas tressailli lorsque l’interprète, communiquant avec lui par gestes, a écrit le chiffre 15 sur un bout de papier, afin d’éviter toute confusion.
Il n’a adressé aucun regret à la famille Les cinq jours de débats n’ont pas permis d’expliquer pourquoi cet homme, tranquille père de famille, a abattu de sang-froid Suzanne Diot, une femme de 74 ans, dans une rue de Dammarie-les-Lys. Un geste prémédité de longue date. L’accusé s’est enfermé dans son délire, avec sa logique propre. Ce dernier a affirmé avoir été victime d’un viol, commis par deux personnes, en 1968. Ce qui n’a pu être prouvé. Que vient faire Suzanne Diot dans cette affaire, une femme qu’il croisait régulièrement dans les rues de Dammarie, mais qu’il ne connaissait pas ? Selon Mostefa Gana, elle aurait été l’instigatrice de cette agression, ou aurait protégé les deux agresseurs en ne les dénonçant pas. Poursuivant son délire, il a prétendu qu’un policier « chauve » lui avait donné l’autorisation de tuer cette dame et qu’il n’irait pas en prison pour ça. A aucun moment, il n’a adressé ses regrets à la famille. « Dès les premiers jours, on savait qu’il n’en dirait pas plus », a regretté un proche de la victime. « Mostefa Gana a développé un délire chronique de type paranoïaque à l’égard de Suzanne Diot, simplement parce que cette dernière ne lui disait pas bonjour dans la rue, l’ignorait », ont témoigné les experts psychiatres. Selon son avocat, l’homme devrait faire appel.

Un article lu : Le Parisien – 09/06/2004 à Paris (France)

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