Peine mineure pour des faits majeurs

Jacky, un agent d’entretien de 52 ans, a été condamné pour des agressions sexuelles sur son filleul à cinq ans de suivi socio-judiciaire.

La justice fonctionne parfois de manière inquiétante. Un adolescent de quinze ans, scolarisé dans un établissement de Nancy, se confie à une infirmière scolaire. Il subit des agressions sexuelles qui confinent aux viols de la part d’un ami de sa famille, sourd-muet, parrain de l’ado. Rongé par le remords, il raconte par petits bouts. L’infirmière comprend immédiatement et établit un signalement. L’affaire a été jugée hier matin, par le tribunal correctionnel, après une procédure sommaire dite de citation directe.

Yves Joffroy, l’avocat de la famille, a dénoncé un tel déroulement. Pour lui, une telle affaire aurait mérité une instruction. L’affaire aurait pris plus de temps, mais elle aurait permis de faire tout le jour sur les agissements de Jacky, 52 ans, qui semblait bien n’en être pas à ses débuts.

Yves Joffroy constate ainsi que l’homme, agent d’entretien, a déjà eu des problèmes à l’institut de jeunes sourds de Jarville. Jacky confirme: il a été licencié pour faute grave. Il s’était promené nu dans les douches des élèves filles. L’avocat enfonce le clou: un autre adolescent refuse d’en dire plus, par peur des pressions. De là à supposer que la victime représentée hier n’était pas seule…

Par l’intermédiaire d’un interprète, Jacky explique, comme bien souvent dans ces cas, qu’il a été incité à ces actes odieux par sa victime… âgée de 12 ans quand débutent les agressions. Un rapport d’expertise souligne que l’homme n’est pas à l’abri de la récidive et qu’il aurait besoin de soins, dont il n’est pas demandeur. “Il faut atteindre cet individu là où il sera touché, la prison>, plaide Yves Joffroy, se faisant procureur.

Le parquet est bien conscient de la nécessité de mettre la société à l’abri des agissements de Jacky. Il requiert un an de prison ferme, trois ans avec sursis. Claude Thomas, qui défend Jacky, estime que “l’obligation de soins est plus appropriée qu’une peine de prison”.

Après réflexion, le tribunal correctionnel a déclaré Jacky coupable des faits qui lui sont reprochés et l’a condamné à cinq ans de suivi socio-judiciaire, comportant une obligation de soins, l’interdiction de fréquenter des lieux où se trouvent des mineurs, de même que l’interdiction de travailler en relation avec des mineurs. Voilà qui devrait mettre fin au travail de Jacky: il est agent d’entretien dans un lycée de Nancy et n’a pas été suspendu jusqu’alors.

Un article lu : Le Républicain Lorrain – 27/03/2004 à Nancy

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