Un spectacle traduit en langue des signes

Comment vous est venu le goût de l’écriture ?
Richard Dalla Rosa : « C’est une longue histoire. J’avais dix ans et j’avais eu un accident de la route tout bête. Je me suis fait renverser par une camionnette alors que j’allais chez le dentiste et que j’étais en retard. Après trois jours d’hôpital à Manchester, je suis revenu et puis, là, j’ai eu un déclic. J’avais été tellement bouleversé par ça que je me suis mis à écrire. Et puis ça ne m’a plus quitté ».
Est-ce que vous avez des endroits ou des heures de prédilection pour écrire ?
« Pas du tout. Le train, peut-être. Parce que j’aime beaucoup le train. Je le prends souvent. Mais même dans ma bagnole quand je conduis, des fois il m’arrive d’écrire au dos des tickets d’horodateurs, que j’entasse dans le vide-poches. J’écris des petites phrases, des mots, des idées ».
Vous avez appris la langue des signes. Pourquoi ?
« Parce que je suis quelqu’un qui parle beaucoup et il fallait que je trouve encore un autre moyen pour parler dans le silence. Et le monde des sourds-muets m’a toujours fasciné, depuis que j’ai dix ans. Dans les années 80, il y avait « Mes mains ont la parole », une émission pour les enfants à Récré A2, et je me disais, mince, mais qui est cette dame qui ressemble vaguement à Chantal Goya et qui nous raconte une histoire avec une voix off ? A l’âge de quinze ans, j’ai vu le film « Les enfants du silence ». A l’âge de 20 ans, Emmanuelle Laborit gagnait son trophée. Et puis voilà, juste après, j’ai enchaîné en apprenant la langue des signes. ».
Mais vous vous en servez ?
« Oui. Je prépare un spectacle avec un comédien de Paris, pour la rentrée, avec une lecture en bilingue. Je vais lire mes propres textes et, lui, traduira, adaptera en langue des signes ».

Un article lu : L’Union – 19/03/2004

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