Handicap : le collectif veut des actions

Le collectif de l’AIPH : de haut en bas, de gauche à droite : Magali Guérin ( Sourde ), Gilles le Moal, Guillaume Garnier, Bernard Mathgen, Mireille Guézou, Yvanne L’Her, Bernard Jain.

Les associations apprécient l’effort de la ville mais attendent du concret
Pas question de condamner l’initiative de Saint-Brieuc, qui vise à sensibiliser le public au handicap, vendredi prochain. Pourtant, le collectif AIPH (Action inter-associative des personnes handicapées) (1) souligne que cet effort aurait dû être doublé d’actions concrètes pour les personnes concernées, notamment l’accès aux transports collectifs.

Ils applaudissent à l’initiative municipale, organisée dans le cadre de l’année européenne des personnes handicapées, et seront présents vendredi 28 sur l’un des lieux de la ville. Mais les associations, qui forment le collectif AIPH, aimeraient qu’on mette aussi le doigt sur les points noirs, qui leur empoisonnent toujours la vie et pourraient se résorber sans trop de frais.

Exemple flagrant, les transports urbains. « Il n’y a actuellement aucune place pour les personnes souffrant d’un handicap dans les transports en commun de la Cabri, sauf avec le véhicule accessible aux personnes à mobilité réduite. Mais il faut le commander 24 heures ou 48 heures à l’avance. Ce n’est pas la peine de compter aller au cinéma, le soir », regrette Bernard Mathgen.

Autour de la table, ils sont quatre à vivre dans un fauteuil. Tous veulent accéder à la culture, au sport, au travail ou à l’éducation. Ils sont complètement en phase avec l’esprit que Saint-Brieuc insuffle dans l’organisation de sa journée de vendredi. « Oui mais, au quotidien, les choses pourraient aller plus vite. Au fur et à mesure que la Cabri renouvelle son parc, les nouveaux bus sont équipés pour accueillir un fauteuil. Pourtant, aucun de ces équipements n’est utilisé. On nous avait fait rêver de TEO, mais il n’arrive pas. »

L’accessibilité des arrêts de bus

L’AIPH estime cependant qu’on n’a pas besoin d’attendre le lointain bus en site propre (dont le financement pose problème), pour améliorer la vie.

La majorité des arrêts de bus actuels est facile à aménager : « Vous avez les moyens de commencer ! soutient Gilles Le Moal. Actuellement, se discute le Plan de déplacements urbains dans l’agglomération briochine, c’est une négociation importante. Il ne serait pas dur de s’engager dans un plan en cinq ans pour les rendre accessibles. »

« On en a assez d’attendre, reprend Guillaume Garnier, délégué à l’accessibilité à l’APF. La meilleure sensibilisation, c’est l’intégration. L’intégration ne se fait que si on peut bouger. Ça veut dire avoir accès aux transports en commun. »

Le collectif reconnaît que l’accessibilité s’améliore petit à petit Mais, qu’il s’agisse de Bernard Mathgen, de Gilles Le Moal ou de Bernard Jain, qui ont en commun de se déplacer en fauteuil, tous soulignent que si, vendredi, ils veulent suivre le parcours proposé par la ville en utilisant le bus PMR ­ seule solution collective aujourd’hui ­ le système ne pourra leur donner satisfaction à tous.

(1) Ce collectif regroupe quatorze associations de personnes en situation de handicap.

Source: Maville.com – 25/11/2003 à Saint-Brieuc

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