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Hauts de Seine Habitat

Les sourds ne sont toujours pas entendus

Créer un service d’interprétation de liaison en langue des signes, tel était le projet des associations Iris, Tolosa 31, et de la société coopérative Interprétis. Était, car seule une subvention du Conseil général aurait pu rendre financièrement acceptable pour les familles le recours à un si précieux service. Un service qui aurait favorisé l’accessibilité des sourds à la vie sociale.

Seulement voilà, l’hôtel du Département estime encore aujourd’hui par la voix de son secrétaire général que le handicap proprement dit est de la responsabilité de l’État. « Par contre, indique Jacques Aubé, tout handicapé qui a besoin d’une aide pour satisfaire un besoin individuel l’obtient. Les allocations compensatrices sont aussi de notre ressort. Mais là c’est différent. Le groupement qui a fait cette demande de subvention n’est pas strictement associatif. Et y figure en outre Interprétis, une scoop que nous avons aidée au démarrage dans le cadre de la création d’entreprise. » Pour Thu Lan Nguyen, une interprète en langue des signes, « ça n’a rien à avoir ».

« de la langue de bois »

« Nous n’attendons pas après cette subvention pour faire fonctionner l’entreprise. Nous ne pouvons répondre à l’heure actuelle à toutes les demandes. Mais les sourds, eux par contre, sont dans l’attente pour enfin pouvoir participer à la vie sociale comme tout un chacun. »

À ses côtés, Poupée Palacios témoigne de sa sensation d’isolement lorsqu’elle a appris qu’elle ne pourrait bénéficier d’aucune aide financière pour suivre les cours de préparation à l’accouchement avec une interprète en langue des signes. Sa petite Nina n’en a pas moins montré le bout de son nez sans problème, il y a quelques mois, à la clinique Sarrus-Teinturier. Mais comment aurait-elle fait si elle n’avait pas pu payer les 550 euros nécessaires pour suivre comme les autres femmes les 9 séances d’usage ?

« Comment dois-je le prendre, s’emporte Poupée à travers une combinaison de signes de plus en plus nerveuse. Alors que nous les sourds payons des impôts comme tous les citoyens ! Où est notre place dans la société ? L’État et le Conseil général parlent fièrement d’aider les personnes handicapées à bien s’intégrer dans la société. Mais tout ça, c’est de la langue de bois. »

Source: La Dépêche du Midi – 21 / 11 / 2003 à Toulouse

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