La main des sourds

“Je n’entends pas, mais je comprends”

Émotion, hier soir vers 19 heures, lors de l’inauguration du festival d’Art Métis. Pas de discours pompeux de la part des organisateurs, mais juste un homme, qui à lui seul a résumé l’esprit d’Art Métis : l’échange. Pascal Payet, 23 ans, un sourd et muet du quartier de Pierrefonds, est monté sur la scène pour ouvrir la manifestation. Son émotion était palpable jusque dans la voix de sa traductrice, une certaine Armande, présidente de l’association de Talipot.
Pascal découvre le festival en 1998. Curieux, il demande aux organisateurs de rencontrer les artistes, d’assister aux spectacles. C’est une révélation. “J’ai été captivé par les expressions des comédiens. L’émotion qu’ils transmettaient me touchait énormément. Je n’entends pas, mais avec les yeux je comprends”, explique-t-il en langage des signes. Depuis cette année-là, il n’a plus quitté la troupe. Il rencontre chacun des artistes de passage à Pierrefonds. Une façon pour lui de se sentir plus fort, d’éprouver une multitude d’émotions et de mieux vivre son handicap. La découverte du théâtre lui a également donné envie d’intégrer une troupe, avant peut-être de mettre en scène ses propres créations. Car Pascal s’est mis à écrire “des poèmes et des chants, sans grande signification pour l’instant, précise-t-il. Mais à terme, j’aimerais concrétiser ces textes en réussissant à les mettre en scène”. En attendant, Pascal Payet a montré hier soir que son handicap n’est pas un frein à la communication.

Source: Clicanoo.com – 20 / 11 / 2003

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