La main des sourds

Il a raconté son expérience lors de la semaine de l’emploi des handicapés

Sourd, Bruno travaille depuis 18 ans

Bruno Croissant (à gauche) en compagnie de l’interprète Catherine Rouiel, et de ses collègues Bruno Deroche et Jean-Loup Gleize. Ce dernier va suivre un apprentissage complet du langage des signes.

Associations, responsables d’entreprises, médecins du travail étaient réunis hier à l’entreprise Glaxo Smithkline pour évoquer l’emploi des travailleurs handicapés dans le cadre de la semaine consacrée à ce thème. Bruno Croissant, salarié de cette entreprise depuis dix-huit ans, a témoigné de ses difficultés au quotidien, mais aussi des efforts de ses collègues pour communiquer.

Aider les personnes handicapées à accéder à l’emploi, adapter pour eux l’organisation du travail, maintenir dans l’emploi des salariés qui deviennent inaptes à leur poste… La tâche des organisations chargées de l’emploi des handicapés est immense. Et l’évolution des mentalités encore lente. Chaque année, la semaine pour l’emploi des travailleurs handicapés rappelle les mêmes blocages. Bon nombre d’entreprises préfèrent toujours s’acquitter de la contribution qui les exonère d’employer une personne présentant un handicap. « D’autres sont heureusement très créatives dans les adaptations de postes. On trouve des chefs de rayons malvoyants. Pour les aveugles, les ordinateurs en braille ont apporté des solutions », résume Annie Perrinel, de Directh 53.

Le quotidien toujours délicat

Le dispositif d’insertion et de reclassement des travailleurs handicapés (Directh 53), était à l’origine, avec le Medef 53, de la réunion d’hier, à l’entreprise Glaxo Smithkline. C’est justement cette entreprise, productrice de médicaments, que Bruno Croissant, sourd profond, a pu intégrer voici 18 ans. L’accompagnement existant lui a permis d’évoluer dans son métier. « J’ai suivi une formation de 40 jours pour devenir conducteur de ligne », raconte l’employé par l’intermédiaire de Catherine Roueil, interprète du conseil général, qui l’a toujours épaulé. Mais le chemin vers l’autonomie du salarié handicapé, mais aussi de ses collègues, continue 18 ans après. « C’est le quotidien, qui est le plus délicat », admet Bruno Deroche, son responsable. « Dans les réunions, je prends le temps d’être bien compris, mais il faut aussi s’adresser à tout le monde. » Dans une société qui prône le système participatif, la communication est essentielle. « En 2003, nous mettons en place une initiation du langage des signes. » Une décision qui ravit Bruno Croissant. Un exemple qui ne cache pourtant pas d’autres difficultés. Les chiffres sont là pour le rappeler. En Mayenne, 760 handicapés sont actuellement en recherche d’emploi. Et sur 550 entreprises de plus de vingt salariés, tenues de les employer, 269 seulement ont franchi le pas.

Source : www.ouest-france.fr © 14 Novembre 2002

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