La main des sourds

Autres regards sur le handicap

Antoine, les deux David et Anthony : quatre élèves parfaitement intégrés dans la 4e Segpa du collège des Cotterêts, à l’image de cette photo où rien ne les distingue des autres.

Quatre élèves handicapés de Paul-Cézanne intégrés au collège des Cotterêts

La convention signée lundi a entériné ce qui est effectif depuis la rentrée. Envoyés par l’institut Paul-Cézanne, quatre jeunes sourds sont scolarisés dans la classe de 4e Segpa du collège des Cotterêts. Pour le plus grand profit de toute la classe. L’événement est rendu possible par une collaboration étroite des deux établissements.

Bien sûr, les choses demandent des aménagements. Pour certaines matières, des intervenants venus de l’Institut Paul-Cézanne doublent les cours donnés par les professeurs de la Segpa. L’essentiel est tout de même qu’Antoine, Anthony et les deux David mènent, cette année, une vie de collégien quasi-normale au milieu de leurs camarades de 4e. Sans doute une bonne façon de laisser un peu de côté leur handicap.
« Depuis quinze ans, nous allons de plus en plus vers une intégration des sourds dans les collèges et lycées, fait remarquer Jean-Louis Salles. Le directeur-général de l’association Le Parc, qui gère l’établissement Paul-Cézanne, évalue à 70 % la proportion des élèves qui suivent ce processus. « C’est un accueil qui ne se fait pas à n’importe quel prix, précise-t-il, nous avons des besoins spécifiques ; nous les avons trouvés ici, avec, en prime, des partenaires accueillants, motivés et efficaces. »

Une large intégration

Et tout le monde y trouve son compte. Christian Le Goff, le proviseur du collège des Cotterêts rappelle que « ce regard que nous tournons vers les autres sert aussi à nous transformer. » Il faut noter que les élèves de la classe accueillante font preuve de « beaucoup d’attentions et de sollicitude envers leurs camarades malentendants. » Et, paradoxalement, peut-être que la qualité d’écoute générale de la classe s’en ressent.

Cet exemple d’intégration réussie ne pouvait que réjouir Marie-Thérèse Boisseau. Elle se prononce une fois de plus pour « L’intégration la plus large possible, à quel qu’âge de la vie que ce soit. Les instituts médico-éducatifs complète-t-elle, doivent être réservés aux enfants très lourdement handicapés » La secrétaire d’État a réitéré sa volonté de poursuivre dans cette voie, une loi sur le thème devrait d’ailleurs être votée l’an prochain.

Source: Maville.com – 18/11/2003 à Fougères

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