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Le moniteur qui apprend à conduire aux sourds

VOLANT – A. BELALIA FAVORISE L’AUTONOMIE DES MAL-ENTENDANTS

« J’ai appris beaucoup au contact des sourds et des mal-entendants. »

En 34 ans de monitorat d’auto-école, Abdelkader Belalia a enseigné la conduite à des milliers de jeunes dont certains sont sourds et mal-entendants. « Ils m’ont tous expliqué qu’ils se servaient des vibrations que le moteur leur transmettait pour changer de régime. »

Cet homme doué pour la communication, affable et toujours de bonne humeur raconte comment il s’est lancé dans l’apprentissage de la conduite des mal-entendants.

« J’étais secrétaire de l’association des sourds et mal-entendants, le Cesda, rue des 36-Ponts. Je venais d’ouvrir l’auto-école lorsque le père de deux adolescents sourds m’a demandé de leur apprendre à conduire. »

Rester toujours attentif
Ce jour-là, Abdelkader Belalia, père d’une enfant sourde-profonde s’est découvert une nouvelle vocation. Il rassure ceux qui ne sont pas sourds sur les capacités de ses élèves à conduire : « Ils sont nombreux à avoir décroché le permis la première fois. »

Abdelkader Belalia s’attache, en langue des signes, à les sensibiliser à la notion de danger. » Dans le monde des entendants, une remarque revient souvent : « Ils n’entendent pas les klaxons. »

Tout l’art d’Abdelkader Belalia consiste à éviter à ses élèves mal-entendants de provoquer l’énervement des autres automobilistes en restant toujours très attentifs à la circulation et aux pièges de la rue.

« Ils doivent toujours avoir un œil sur le rétro et quand ils traversent à un feu vert, je leur recommande de toujours regarder à droite ou à gauche ; au cas où une ambulance, les pompiers ou un camion de la police surgirait. »

Abdelkader Belalia n’a pas eu besoin de faire de la pub pour se faire connaître. Avenue de Lombez (son auto-école se trouve en face de la clinique Pasteur), il n’est pas un jour sans qu’un jeune conducteur entendant ou sourd ne vienne lui dire un petit bonjour.

Il a également appris à conduire à sa fille Anissia, aujourd’hui maman d’une jeune fille de 17 ans. Pour avoir ouvert le premier la voie de la conduite automobile aux sourds et aux mal-entendants, leur avoir offert une nouvelle possibilité d’autonomie, Abdelkader Belalia mériterait d’être invité à la Garden Party de l’Elysée.

Source : Ladepeche – 15 / 10 / 2003 à Toulouse

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