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Hauts de Seine Habitat

Un havre de paix dans le monde du silence et de la nuit

Inauguré hier, les Marmettes est le seul lieu d’hébergement des personnes sourdes et aveugles en Suisse romande.

Atteint de surdi-cécité à divers degrés, les résidents pourront se guider au moyen de repères tactiles, comme cette bande de guidage créée avec un carrelage structuré différent du reste du sol du couloir.

«Imaginez un monde empli de saveurs, un monde de sensations tactiles, un monde de senteurs, un monde privé de lumière, un monde privé de sons.» Cela pourrait être la bande-annonce d’un thriller. C’est en fait la plaquette de présentation de la Fondation romande en faveur des personnes sourdes-aveugles (FRSA) établie au cœur de Monthey (VS), dans l’ancien hôtel des Marmettes. La brochure précise «tel est le quotidien des personnes sourdes-aveugles». Un handicap qui touche environ 250 personnes en Suisse romande. Dont le quotidien, pour l’humain doté de la pleine faculté de ses sens, est difficile à imaginer. «Pour quelqu’un qui n’a jamais vu, ni entendu, il faut construire le monde avec lui», expliquait hier le psychologue français Jacques Sourian, présent à l’occasion de l’inauguration du centre. Directeur du Centre de ressources expérimental pour enfants et adultes sourds-aveugles et sourds-malvoyants de Poitiers, l’homme est en quelque sorte le parrain du centre montheysan, unique en Suisse romande. Si le bâtiment est propriété de la fondation depuis l’année 2000, il vient de subir un lifting complet et coûteux (2,3 millions pour les transformations s’ajoutant à un achat de 1,7 million) afin d’accueillir, à terme, 12 personnes atteintes de surdi-cécité. Un handicap qui n’est pas la simple addition des deux déficiences.

Un univers essentiellement tactile
Actuellement, le centre accueille déjà 8 pensionnaires atteints à divers degrés de surdi-cécité et âgés de 19 à 52 ans (moyenne d’âge 25 ans). Durant les travaux, ils ont été logés dans un bâtiment voisin. Dès le 5 novembre, ils intégreront le centre des Marmettes. Un monde essentiellement tactile créé, dans les moindres détails, à leur intention. Aux Marmettes, le sol est parcouru d’une bande de guidage en carrelage structuré, sensible aussi bien sous le pied que par l’extrémité d’une canne blanche. A chaque étage, le profil sur la main courante change afin de permettre aux pensionnaires de se situer. Les interrupteurs, appareils ménagers ont été conçus afin d’indiquer «position» s’ils sont allumés ou non. Car, si les pensionnaires sont largement encadrés (1,5 personne pour 1 résident), c’est bien pour atteindre, à terme, un but d’autonomie et d’intégration sociale.

Source : 24 Heures – 24 / 10 / 2003 à Suisse

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