Liège fait à nouveau signe aux sourds

10e Journée mondiale des Sourds ce samedi au collège Saint-Barthélemy à Liège.
La Cité ardente a toujours été à la pointe pour faire entendre sa voix: SurdiCité, l’Epée, Surdimobil…
Mais il reste tant à faire. Voir le modèle scandinave…

RENCONTRE

Voici neuf ans, Liège accueillait la 1re Journée Mondiale des Sourds. Ce samedi, les responsables remettent le couvert au collège Saint-Barthélemy En Hors -Château à Liège pour faire progresser la nécessaire intégration des habitants du monde du silence. Nous avons rencontré M.Hayard qui, avec son équipe de SurdiCité, est le papa du Surdimobil, animation de sensibilisation aux problèmes rencontrés en Communauté française par 30000 adultes sourds et 9000 enfants de moins de 15 ans dont un naît chaque jour.

Liège est-elle une pionnière?

C’est plus que jamais une cité ardente. Les Liégeois se battent. Que ce soit sur le plan scolaire, à l’Irhov ou à Montegnée, pour la création du premier club sportif pour sourds en 1906 ou d’un atelier voici 15 ans à Grâce-Hollogne, ou encore l’élaboration du Surdimobil, Liège a toujours une longueur d’avance. Les sourds ont leurs Jeux olympiques depuis 1924 grâce à l’action d’un Liégeois, Robert Dresse, dont l’oeuvre est poursuivie par son petit-fils.

Quel est l’objectif de la Journée mondiale des sourds à Liège?

Je suis né entendant mais suis devenu sourd. Nous vivions cachés, personne ne connaissait nos problèmes, nous étions repliés sur nous-mêmes. En 1978, le monde politique est venu à nos Portes Ouvertes. Il faut ouvrir le monde aux sourds, les expositions, les conférences.

Comment se créa le Surdimobil?

Nous avons vu l’expérience menée pour les aveugles sur la Péniche dans le Noir. Et nous avons voulu faire la même démarche. Cinq activités aident à se mettre dans la peau d’une personne sourde: Surdimobil (parcours-découverte), Surdikit (condensé du Surdimobil), Surdisign (initiation à la langue des signes), Surdimini (destiné aux écoles primaires) et Surdiconseils (prévention contre la pollution sonore). Les sourds ne sont pas idiots, comme on a voulu le faire croire mais se heurtent à de gros obstacles. Sur le plan scolaire d’abord. Peu de sourds belges savent lire. Alors que le grand public est inondé d’infos, nous n’avons que 30 minutes de traduction gestuelle par jour à la TV et une émission par mois. Nous voulons dans 10 ou 20 ans arriver à une égalité des chances sur les plans socio-culturels, économiques… Un espoir: la prochaine reconnaissance officielle de la langue des signes.

Comment sortir de l’isolement?

Nous avons deux écoles à Liège, un atelier à Grâce-Hollogne où se côtoient, à parité, sourds, entendants et malentendants, tous pratiquant le langage des signes. L’ULg dispose d’un Centre d’études pluridisciplinaire pour le langage des sourds. Sur’Cité est un centre d’échanges, de formation, d’infos, de loisirs. L’Epée fournit un accompagnement dans les démarches administratives. Mais à Paris par exemple, 18 guides accompagnent les sourds dans les musées. Et dans les pays scandinaves, des recettes issues de casinos ou jeux de hasard sont versées à des associations de personnes handicapées.

Que fait le Foyer pour vos loisirs?

Nous voulons dialoguer, faire du sport. Nos soirées dansantes amènent des Anversois, des Bruxellois… Grâce aux vibrations du plancher et aux jeux de lumières, les danseurs perçoivent le rythme de la musique.

E-mailutiles: surcite@skynet.be epee@swing.be ou cmsourds@hotmail.com ou encore surdimobil@skynet.be

Source : La Libre – 27 / 09 / 2003 à Liège (Belgique)

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