La main des sourds

Une journée pour découvrir les sports pratiqués par les personnes handicapées

Ne manquait que le public de valides

Photo de famille autour de Manuéla pour les membres du Club sportif des Sourds 53.

Samedi, pour la première fois en Mayenne, toutes les associations sportives accueillant des personnes handicapées étaient réunies à la salle polyvalente. Pour exposer ce qu’elles font. Dommage et entretenir des échanges.

Dommage qu’il n’y ait pas eu davantage de personnes à venir, samedi, à la salle polyvalente. Sans doute auraient-elles été impressionnées par les démonstrations qui y ont été présentées. Une partie de « Torball » (du football à la main, pratiqué par des aveugles) dans « un silence incroyable ». Un match très disputé par deux équipes de basketteurs en fauteuil, mais aussi du tennis de table, de l’escrime, du badminton, du tir à l’arc ou à la carabine, du golf, de la sarbacane. Des disciplines ayant la particularité d’être pratiquées par des personnes handicapées.

Onze clubs et associations

C’était d’ailleurs le but de cette journée, organisée par les trois Lions club de Laval, le comité départemental olympique et sportif, Handisport et Jeunesse et sport. Onze clubs et associations lavalloises étaient invitées à exposer leurs activités. Des occasions comme celle-ci sont rares. D’autant que le milieu est assez cloisonné : Handisport accueille des handicapés moteurs et sensoriels (mal et non-voyants) plutôt dans un but de compétition.

La fédération des sports adaptés, elle, s’adresse aux handicapés mentaux. Les sourds ont leur propre fédération. Et puis il y a des associations départementales comme Punch (Pour une nouvelle culture des handicapés) ou Handi-cheval qui, elles, revendiquent « leur ouverture à tous ».

« L’idéal, a dit Henri Sérandour, le président du comité national olympique et sportif, c’est qu’il n’y ait plus de clubs spécifiques, mais des clubs sportifs, tout simplement, où handicapés et valides pratiquent un même sport côte à côte ». André Auberger, le président de la fédération française Handisport voit lui, comme un signe encourageant, que, « lors des derniers championnats du monde d’athlétisme, les épreuves handisport n’aient pas été reléguées à 2 h du matin. C’est important, pour une prise de conscience générale ».

Un discours que n’ont malheureusement pas entendu les valides. Ils n’étaient tout simplement pas là. Circonstances atténuantes : les difficultés d’accès et de parking, dues à la présence d’un cirque sur le parvis de la salle polyvalente. L’essentiel des personnes présentes samedi étaient des personnes handicapées, leur famille et des sympathisants. « Mais, se consolait Michel Descottes, l’un des organisateurs, si c’est un fiasco, côté public, il y a eu des échanges fructueux entre les gens présents ».

Il y aurait dans le département 403 personnes handicapées licenciées d’un club sportif. Punch compte 35 adhérents ; la fédération de sports adaptés 120 licenciés ; Handi-cheval, une cinquantaine d’enfants et adultes ; le club sportif des sourds, une petite centaine ; Handisport : 75 licenciés.

Source : www.ouest-france.fr © 6 Octobre 2003

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