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Hauts de Seine Habitat

Un handicap à partager

Elodie Grandmaire interprète de Luc Burget, président de l’association « Des mains pour le dire » : « Notre langage n’est pas encore reconnu officiellement en France ».

A l’occasion de la journée mondiale des sourds, l’association « Des mains pour le dire » proposait hier une animation rue des Clefs à Colmar. La surdité : un handicap à partager…

Quelques minutes de conversation avec Luc Burget, président colmarien de l’association « Des mains pour le dire » suffisent à faire prendre conscience aux « entendants » que, face à un sourd, ils sont eux-mêmes handicapés. La surdité, un handicap qui se partage dans une société où la communication est un élément essentiel de la cohabitation et de quelque activité que ce soit (travail, loisir, etc). Une prise de conscience qui en amène une autre : l’importance de l’acquisition de quelques éléments essentiels du langage des signes. C’est ce que proposait hier l’association « Des mains pour le dire » sur son stand. Les badauds ont pu s’y arrêter et commander, en toute convivialité, une boisson en s’exprimant par signes. Après quelques minutes d’initiation, bien sûr.

Sensibilité accrue

« En Alsace, on dénombre 121 000 sourds, dont 6 000 de naissance », explique Luc Burget (relayé par Elodie Grandmaire, l’une des trois interprètes opérant dans le Haut-Rhin). « Parmi eux, 3 000 pratiquent le langage des signes pour communiquer entre eux ». Un langage malheureusement seulement connu par les sourds eux-mêmes : « Ce langage n’est pas encore reconnu officiellement. Avec les personnes entendantes, nous nous exprimons par gestes, par mimiques, ou encore (plus rarement) par écrit ». Ce qui limite tout de même les sujets de conversation… et handicape ainsi les entendants. Reste, ainsi que l’explique Luc Burget, que la surdité, dans la mesure où elle implique une attention soutenue de la gestuelle et de l’expression des autres, confère une certaine sensibilité à celui qui en est atteint. « Lors d’un entretien d’embauche, par exemple, je ressens sans doute de façon plus précise qu’un « entendant » les sentiments de mon interlocuteur. Ou, en voiture, lorsque j’arrive à un carrefour, il me suffit de regarder le visage de l’automobiliste qui devrait me laisser le passage pour deviner presque à coup sûr s’il forcera le passage ou pas… »

Pour plus de renseignements, contacter:

« Des mains pour le dire ».
14, rue de la Herse
68000 Colmar.
Fax: 03 89 23 46 29.
Mail : maryv.ber@calixo.net

Source : Dernières Nouvelles d’Alsace – 21/09/2003 à Colmar

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