La main des sourds

Un enfant sourd doit partager son interprète

Joanne Poisson refuse catégoriquement que son fils subisse les contrecoups des restrictions budgétaires, en se voyant retirer les services à temps plein d’une interprète gestuelle.

Depuis deux semaines, Meyer Nadeau s’intègre à son nouveau milieu scolaire. Pour une fois, sa surdité et sa déficience semblent être comprises, ses enseignants de l’école Le Touret s’intéressent à son langage gestuel et il y a une multitude d’activités qui assouvissent son hyperactivité.

Ce fragile équilibre semble être sur le point de s’effondrer pour l’enfant de 13 ans, car une décision a été rendue cette semaine à l’effet qu’il ne bénéficiera plus à temps plein de son interprète gestuelle qui lui permet de communiquer et de comprendre son enseignant et ses pairs durant les heures de classe. L’interprète signera dorénavant pour lui et un autre élève.

“La seule explication que le directeur de l’école a pu me donner pour expliquer la situation: les coupures budgétaires, explique Joanne Poisson, la mère de Meyer. Personne ne parle le langage des sourds dans la classe de Meyer. Qu’est-ce qui se passera lorsque l’interprète s’occupera de l’autre enfant? Il restera là comme un poteau sans rien comprendre.”

La mère se demande franchement si la déficience de son fils n’a pas motivé ces coupures. “Est-ce que Meyer était un mauvais investissement, car il ne contribuerait pas à la société économiquement plus tard? Mon fils a le droit de s’exprimer et d’être compris. Il a le droit de s’intégrer à la société comme les autres”, s’insurge Mme Poisson.

Source : Cyberpresse – 15/09/2003 à Canada

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