La main des sourds

Journée mondiale de la surdité: la recherche porte ses fruits grâce aux financements européens

Commission Européenne
À la veille de la journée mondiale de la surdité (1er septembre), la Commission européenne a réitéré aujourd’hui son engagement à financer des activités de recherche sur ce problème de dimension planétaire.

La surdité est un problème sanitaire réel mais souvent sous-estimé en Europe, où 6 % de la population souffre de troubles de l’audition. On sait maintenant que des facteurs génétiques sont à l’origine de 50 % des troubles auditifs. Au cours des 7 dernières années, la Commission européenne a affecté plus de 10 millions d’euros aux activités de recherche concernant différents aspects de la surdité. L’un des projets bénéficiaires de ce soutien a identifié plusieurs gènes qui, lorsqu’ils sont détériorés, entraînent une surdité héréditaire chez l’homme. Cette découverte permet de mieux comprendre le phénomène de l’audition et ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques.

La surdité est également synonyme de difficultés en ce qui concerne l’accès à l’information, aux communications et à l’éducation. Dans le cadre de son projet VOICE, le Centre commun de recherche de la Commission européenne (CCR) sensibilise les utilisateurs, les fabricants et les fournisseurs à la technologie de la reconnaissance vocale («voice-to-text», VTT). L’objectif est d’aider, de façon efficace et économique, les personnes malentendantes à élargir leurs capacités de communication, à s’adapter à leur environnement et à améliorer leur qualité de vie.

«Le nombre de patients souffrant de troubles de l’audition est en constante augmentation, en raison de la croissance des nuisances sonores et du vieillissement de la population. À l’heure actuelle, en dehors des prothèses, il n’existe aucun remède à la surdité. La mise au point des
nouvelles thérapies implique une collaboration des meilleurs chercheurs dans des pays et des disciplines différentes en vue d’améliorer notre
compréhension du phénomène de l’audition et d’identifier les causes de la surdité. C’est exactement ce que l’UE s’efforce d’obtenir à travers ses programmes de recherche», a déclaré Philippe Busquin, commissaire européen chargé de la recherche.

La surdité est un réel problème sanitaire en Europe

En Europe, 22,5 millions d’individus souffrent de troubles de l’audition, dont 2 millions de surdité lourde. L’enfant malentendant est gêné dans son acquisition du langage et éprouve des difficultés d’apprentissage. Pour l’adulte, la surdité entraîne souvent de profondes perturbations du lien social et aboutit très fréquemment à la dépression.

En Europe, le coût financier global des troubles de l’audition a été estimé à 78 milliards d’euros par an (calculé sur la base d’un coût annuel moyen de 3 500 euros par patient, ce qui comprend enseignement spécialisé, thérapie du langage, prothèses auditives, honoraires de médecins généralistes et de spécialistes, et autres frais). Ce montant est supérieur aux coûts économiques cumulés de l’épilepsie, de la sclérose en plaques, de la traumatologie spinale, des accidents vasculaires cérébraux et de la maladie de Parkinson. En outre, ce chiffre devrait continuer à croître en raison des nuisances sonores et du vieillissement. La perte de l’audition est la troisième cause d’incapacité chronique, après l’arthrite et l’hypertension.

La recherche européenne sur la surdité

Depuis de nombreuses années, la Commission européenne soutient la recherche sur la surdité. En particulier, le projet «Surdités héréditaires» coordonné par le Prof. Christine Petit (Institut Pasteur, Paris, France) a permis de progresser considérablement dans la compréhension de l’audition et dans l’identification des déterminants génétiques de la surdité. 50 % des déficits auditifs sont d’origine génétique. Il est à noter que ce consortium d’éminents spécialistes européens a recensé la moitié des 36 gènes associés
à la surdité. L’un de ces gènes, celui qui code la “connexine 26”, est responsable de 30 % des cas de surdité en Europe.

L’identification des déterminants génétiques est indispensable pour diagnostiquer les causes de l’affection. Ces outils diagnostiques sont
maintenant disponibles et peuvent être employés dans la grande majorité des cas pour déterminer l’origine génétique des troubles de l’audition.

Ces activités de recherche ont, en outre, approfondi nos connaissances sur le mécanisme de l’audition, permettant de comprendre comment une onde sonore peut être transmise de l’oreille externe à l’oreille interne, puis envoyée au cerveau sous la forme d’un signal électrique. Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives pour le développement de thérapies innovantes.
Plusieurs modèles animaux (souris) imitant les troubles de l’audition ont été mis au point; ils seront très utiles pour tester de nouvelles approches thérapeutiques.

Ces efforts conjugués ont étendu le champ de nos connaissances sur un problème sanitaire majeur. Cependant, certains aspects de la surdité nous échappent encore et, surtout, le chemin qui mène à de nouvelles thérapies potentielles est encore long. C’est pourquoi l’UE est prête à soutenir la recherche sur la surdité. Ce thème de recherche figure d’ailleurs dans le deuxième appel de propositions au titre du sixième programme-cadre publié en juillet 2003. Il s’agit d’une invitation lancée par la Commission à soumettre des propositions pour de grands projets visant à étudier le phénomène de l’audition et la surdité.

Le projet VOICE du CCR

Les problèmes auditifs peuvent freiner l’apprentissage et causer des difficultés d’ordre professionnel et économique, et même aboutir à
l’exclusion sociale. D’autres signes peuvent s’avérer nécessaires pour remplacer les sons non perçus par les malentendants. Parvenir à communiquer efficacement – obtenir et transmettre des informations, échanger des idées ou partager des sentiments, que ce soit en tête-à-tête, en groupe, par téléphone ou à la télévision et à la radio – peut être une véritable gageure.

Les innovations techniques telles que les systèmes avancés de communication, l’internet et les médias électroniques influencent considérablement notre vie. Dans un monde où la communication passe de plus en plus par des supports électroniques et visuels, le CCR entend encourager le recours à l’internet, en mettant l’accent sur les problèmes rencontrés par les malentendants, pour accroître l’incidence des technologies dans la transmission des informations et l’apprentissage.

Des systèmes de conversion de la voix peu coûteux et faciles à utiliser

VOICE étudie la reconnaissance vocale et met au point des interfaces conviviales pour traduire le discours oral en messages écrits et en
sous-titres sur écran d’ordinateur. Les applications sont quotidiennes: conversations, conférences, appels téléphoniques, programmes de télévision, etc.

Les systèmes de reconnaissance VTT permettent de créer des documents sans utiliser le clavier d’un ordinateur, ce qui présente de nombreux avantages pour les personnes souffrant de déficits auditifs, visuels ou physiques, et même pour les personnes n’ayant aucun besoin spécifique. Le prototype de démonstration de VOICE mis au point par le CCR transforme les moteurs de reconnaissance vocale en un système de sous-titrage intégrant du matériel informatique standard et des logiciels grand public dans des applications souples peu onéreuses et faciles à utiliser. Le prototype a été testé en situations réelles: sous-titrage de conférences, classes d’écoles et cours
d’université. Un bon nombre de conférences de sensibilisation ont été organisées. La DG «Société de l’information» a demandé que l’approche «concept universel» («one design for all») de VOICE soit adoptée afin d’étendre le bénéfice des activités de recherche du CCR à d’autres formes de handicaps.

Un forum internet pour déterminer les besoins des utilisateurs

VOICE est centré sur les aspects techniques; il compare les réglementations, les normes, les démarches et les activités dans différents pays pour stimuler la recherche dans le domaine visé. L’objectif est de réunir, par le biais d’un forum sur l’internet, les associations, les entreprises, les établissements scolaires, les universités et les administrations publiques qui souhaitent tirer parti de ce type de recherche. Ce forum contribue à définir les besoins en applications des technologies de l’information des utilisateurs souffrant de déficiences auditives et des autres personnes ayant des besoins spécifiques. Ces activités constituent également un pas en avant vers l’intégration européenne car elles contribuent à lever les barrières du langage et de l’audition.

Le CCR collabore avec la DG «Entreprises» de la Commission, l’organisation européenne de normalisation CENELEC et l’Union européenne de radio-télévision pour définir des normes et renforcer l’harmonisation des technologies de communications. La réduction des coûts de développement et de maintenance des technologies VTT et l’amélioration de la qualité des produits commerciaux contribueront à lever les obstacles souvent créés par les nouveaux outils des technologies de l’information.

Des contacts sont maintenus avec des organismes de radiodiffusion et le CENELEC en vue de fournir le soutien technique qui devrait permettre d’harmoniser le sous-titrage des programmes de télévision européens. Par ailleurs, la collaboration avec les universités s’intensifie afin d’aider
les étudiants malentendants, grâce au sous-titrage des cours.

Source : NewsPress

1 commentaire
  1. fred dit

    Bonjour,

    Mon fils connaît une surdité profonde et je me sens un peu démunie. J’essaie de me renseigner via le net en ce qui concerne les solutions existantes, j’ai vu quelques sites comme http://www.envoymedical.fr/surdite.htm par exemple, quelqu’un pourrait il me donner des conseils?
    J’ai vu qu’il existait des Prothèse auditive interne je cherche quelqu’un ayant subi cette opération pour me renseigner davantage.
    Je vous remercie d’avance.

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