Le portail d'information sur les sourds et langue des signes
Hauts de Seine Habitat

La Communauté française envisage de reconnaître la langue des signes. Elle a chargé une équipe d’experts d’étudier la faisabilité et les implications d’une telle reconnaissance

La ministre communautaire en charge de l’Aide à la Jeunesse et de la Santé avait abordé la problématique de la reconnaissance de la langue des signes lors de la Journée des Droits de l’Enfant. Ce jour-là, face à un public de jeunes, très jeunes, interlocuteurs, dont trois enfants sourds, Nicole Maréchal avait annoncé que la Communauté française envisageait une reconnaissance et qu’une étude était commandée.

Des experts de l’ULB et de l’Institut supérieur de Marie Haps sont actuellement chargés d’étudier la faisabilité et les implications de la reconnaissance de la langue des signes par la Communauté française. Au stade actuel de leur travail, ils construisent les bases, sous forme de recommandations, pour faciliter un accès précoce à la langue des signes pour l’enfant sourd (dès la crèche, par exemple) et pour envisager une reconnaissance comme langue d’enseignement.

Les chercheurs estiment qu’un bilinguisme français-langue des signes est nécessaire. Ils estiment également que les interprètes devraient jouir d’un réel statut et d’une formation professionnelle ad hoc. Les conclusions définitives du groupe de travail sont attendues pour la mi-mars. Ensuite, les représentants de tous les domaines concernés (enseignement, interprétariat, assistance sociale, recherche, jeunesse) se concerteront. Un décret pourrait ensuite voir le jour d’ici la fin de l’année.

La communauté compte environ 40.000 personnes atteintes de surdité. Parmi celles-ci, environ 30.000 adultes et 9.000 enfants de moins de 15 ans. Ils représentent 8% de la population en comptant les enfants nés sourds, les enfants développant une déficience auditive en cours de croissance et les personnes dont l’ouïe diminue avec l’âge.

Certains sourds considèrent la langue des signes comme leur seule et unique langue. Or, jusqu’à présent la langue des signes n’était pas reconnue et était même écartée au profit de l’éducation oraliste. Celle-ci repose sur un apprentissage de la langue française coûte que coûte (appareillage, implantation chirurgicale).

Les enfants grandissant sans la langue des signes ont le sentiment de n’appartenir à aucun système de communication. Et s’ils rencontrent la langue des signes plus tard dans leur parcours, ils doivent faire face à d’énormes problèmes d’adaptation. C’est une des raisons pour lesquelles l’introduction de la langue des signes dès le plus jeune âge est préconisée. De même que d’offrir la possibilité aux familles au sein desquelles évoluent des sourds de se former à la langue des signes paraît primordial. Les premiers concernés semblent se réjouir du signe envoyé par la Communauté française.

Source : RTBF.be 25/02/2003 à Belgique

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.