Les sourds ont leur centre socio-culturel

De gauche à droite, assises : Sandrine Bizeul, secrétaire, et Joëlle Daniel, documentaliste ; debout : Servane Milin, bénévole au CDI, et Philippe Angèle, directeur.

A la lisière de Villejean, un escalier à vis mène au centre socio-culturel des sourds. Il faut savoir qu’il existe là, au bout du groupe scolaire Guyenne. D’autant que son adresse officielle, c’est 23, rue de Guyenne alors qu’on entre par la rue de Quercy. On se dit que l’équipement serait mieux placé, ailleurs, dans un espace commun avec d’autres associations.

Depuis 1995, c’est un lieu d’information sociale, de formation, d’animation et de documentation pour les sourds et malentendants du département. A Rennes, ils sont environ 500 à souffrir de ce handicap. Philippe Angèle, directeur depuis le 1er décembre dernier, relance la structure qui emploie sept personnes. « Il espère installer bientôt, sans doute avant l’été, une conseillère en économie et son interprète », explique Sandrine Bizeul, secrétaire et traductrice en langue des signes.
« Parmi les sourds, il y a beaucoup de chômage, d’illettrisme. Communiquer avec les autres, effectuer des démarches auprès des administrations ressemblent à un vrai parcours du combattant. Il n’y a jamais d’interprète dans les accueils. Alors, les gens viennent ici et nous leur indiquons la marche à suivre pour constituer leur dossier, nous les orientons. Nous leur offrons également les services gratuits d’un interprète s’ils en ont besoin. »

L’un des problèmes en France, c’est justement le manque d’interprète. Le centre socio-culturel des sourds propose des cours hebdomadaires ou des stages intensifs pour se former à la langue des signes, à destination des entendants et des malentendants. Il faut ensuite poursuivre l’apprentissage dans l’une des deux écoles d’interprétariat situées à Paris.
Les handicapés de l’ouïe ont le sentiment d’être délaissés, oubliés, hors des circuits de solidarité. Les liens semblent relâchés, s’ils ont un jour existé, entre le monde de l’entreprise, l’agence pour l’emploi, les équipements culturels. Philippe Angèle et son équipe vont déjà renouer des contacts en organisant des repas entre sourds et entendants, courses et cuisines comprises. Ils envisagent aussi de mettre sur pied des ateliers pour lutter contre l’illettrisme.
Et jeudi prochain, des enfants scolarisés à l’école Tregain participeront à Travelling Junior : atelier cinéma, pique-nique, exposition, projection d’un film sous-titré. Silence, on tourne.

Source : Maville.com – 2003 à Rennes

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