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Gendarme et interprète gestuel

Depuis 1996, deux gendarmes-interprètes gestuels sont à la disposition des sourds et malentendants pour les aider dans leurs contacts avec l’appareil judiciaire en général et la gendarmerie en particulier. L’initiateur de ce projet est le maréchal des logis Luc Clerbout de la brigade d’Oosterzele. Le maréchal des logis Alain Van Humbeek de la brigade de Beringen est ensuite venu renforcer son collègue.
Comment est né ce projet et quelle en est sa teneur ?
Présentation d’une initiative intéressante et originale, une première nationale et internationale qui s’inscrit parfaitement dans les améliorations de la qualité dans le cadre de la fonction de police de base.

Luc Clerbout: “L’idée m’est venue au moment où j’effectuais mon service à Bruxelles et à Gand. A plusieurs reprises, je suis entré en contact avec des personnes sourdes ou malentendantes et chaque fois je me sentais inutile car je ne pouvais pas communiquer convenablement avec elles, ni les aider”.

“J’étais déjà en contact avec un institut pour malentendants situé à Gand qui me donnait de temps en temps un coup de main lorsque j’étais confronté à ce problème de communication. C’est ainsi que j’ai eu l’idée de suivre un cours de langue des signes. Je me suis finalement inscrit à un cours d’interprétation gestuelle”.

“La gendarmerie intervient dans le droit d’inscription et vous permet d’avoir des heures de crédit pour suivre un cours de langue. Mais sur le formulaire de demande, vous pouvez choisir parmi plusieurs langues, sauf la langue des signes naturellement. J’ai tout de même contacté le Commandement général qui m’a autorisé à suivre le cours. La formation s’est déroulée pendant quatre ans en cours du soir et en 1995, je devenais interprète gestuel”.

“L’obtention d’un diplôme n’était bien sûr pas un but ultime. Je voulais aller plus loin. Je voulais mettre mes connaissances à la disposition de tous les collègues du district de gendarmerie de Gand. Je devais donc me faire connaître et faire la publicité de mes qualités. Le projet se mit en forme et s’est concrétisé par une série d’initiatives:

une délégation de sourds a été invitée à une visite guidée “avec commentaires” au cours de la Journée de la gendarmerie à Gand en mai 1997;
un exposé sur la prévention contre les vols a fait l’objet d’une “traduction” pour sourds;
un stand de prévention contre les vols a été installé lors de la Journée mondiale des malentendants à Eeklo en 1996 et lors du “Dovenhappening” à Vilvoorde en 1997″.

“Le plus important dans toutes ces expériences n’était pas tellement l’interprétation en elle-même, mais plutôt le fait qu’en tant que gendarme, je maîtrisais la langue des signes. Ceci crée une très grande confiance avec les malentendants et a été très pratique dans le sens où on a pu se défaire du contact obligé entre trois interlocuteurs: la personne malentendante, le gendarme et l’interprète gestuel”.

“Très vite, j’ai été confronté à une question concrète posée par les sourds et malentendants: comment pouvons-nous avertir la police ou la gendarmerie, puisque nous ne savons pas utiliser le téléphone ? En fait, cette question a été le motif de la concrétisation de mon projet”.

Un fax

Le but du projet est d’aider de toutes les manières possibles les malentendants confrontés à l’appareil judiciaire. Et ce, dans toutes les circonstances possibles: audition de la victime ou de l’auteur malentendants, conseils, reprises de contact à domicile accompagnées d’un suivi, informations à fournir en cas de traumatismes, exposés, intervention en tant que tierce personne, lors de contacts avec le monde judiciaire, que ce soit avec la magistrature, le parquet, d’autres services de police, présence de stands lors d’expositions, rédaction d’articles dans des revues destinées aux malentendants, fonction d’orientation en général, etc.

Le district de Gand a également conçu un fax “appel urgent”en collaboration avec une délégation de malentendants. Ce message fax contient une dizaine de rubriques à compléter, telles que les données d’identité des victimes et le cas échéant, des auteurs, le lieu et l’heure des faits, les dégâts éventuels, l’assistance attendue, etc.

Ces possibilités consistent en des réponses à choix multiple que le malentendant doit marquer d’une croix.

De cette façon, la gendarmerie ou le service de police possède assez de données pour envoyer en urgence ou non une équipe sur place.

Le formulaire fax décrit au verso la méthode que doit suivre le malentendant.

D’un point de vue pratique, voici la procédure à suivre:

Un malentendant se trouve impliqué dans un fait déterminé. Il remplit le formulaire fax qu’il transmet alors à la gendarmerie ou à la police. Celle-ci estime le caractère urgent ou non des faits et renvoie un fax de réponse signalant le degré d’urgence donné à cette demande, l’envoi éventuel d’une équipe sur place ou la nécessité pour le malentendant de s’adresser au bureau local de police ou de gendarmerie. Il est également signalé qu’un interprête gestuel est informé.

Un exemplaire du fax (ou du rapport d’intervention) est toujours transmis à la brigade d’Oosterzele, à l’attention du maréchal des logis Luc Clerbout, dans le but de se faire une idée du degré d’implication des malentendants dans des affaires criminelles (aussi bien en tant que victime qu’auteur).

D’autres partenaires collaborent à ce projet, tels que le C.A.B. (bureau d’ interprètes gestuels) qui met à la disposition des malentendants les différents interprètes gestuels du côté néerlandophone, le “SERVICE SUIVI” chargé de l’orientation adéquate et le “VLAAMS FONDS” qui coordonne les heures d’interprétation consacrées aux malentendants ainsi que les moyens techniques, comme le téléphone textuel et le fax.

Pour réaliser ce projet, une enquête orientée vers la gendarmerie et les malentendants a été effectuée.

Entre-temps, ce projet a déjà eu des répercussions. Alain Van Humbeek, premier maréchal des logis à la brigade de Beringen, a mis au point une offre de service similaire et est devenu à son tour interprète gestuel après avoir suivi des cours.

Luc Clerbout: “En principe, toute brigade de gendarmerie peut faire appel à l’un de nous deux, mais on aura vite compris qu’une telle chose est difficile à réaliser. Nous espérons donc pouvoir étendre cette initiative à différents services de gendarmerie ou de police”.

Source : http://www.polfed.be

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