Les parents d’enfants sourds ouvriront une antenne à Lorient

Améliorer l’intégration scolaire et sociale des enfants sourds, c’est la mission de l’Association départementale de parents d’enfants déficients auditifs du Morbihan (Adepeda 56) qui s’est réunie samedi en assemblée générale, à l’école du Bois-du-Château.

L’intégration scolaire

En plus d’organiser des rencontres, de développer une action d’aide entre parents, l’association dispense chaque année des formations assurées par un codeur diplômé en langue française parlée complétée (LPC). Pour faire en sorte que chaque enfant suive un cursus scolaire normal, et dispose d’une même chance de réussite, elle met en place tous les moyens techniques et outils pédagogiques, dont le plus important une formation d’auxiliaires d’intégration pour déficients auditifs (Aida). Les auxiliaires (une seule personne pour le moment) ont pour fonction d’accompagner l’enfant dans la classe pour transcrire les leçons de français. Grâce à cet accompagnement, l’enfant peut aller dans l’école de son quartier, sa scolarité et son savoir ne sont plus entravés par la méconnaissance du français. L’enfant sourd devient autonome face au français lu, écrit et parlé.

Les projets pour 2003

Trois grands projets seront mis en place. L’un d’eux sera la création d’une antenne de l’Adepeda à Lorient. Le siège administratif de l’Adepeda se trouve à Auray, mais il est devenu nécessaire de créer un lieu d’échanges, d’écoute et d’informations sur la surdité à Lorient. Cette nouvelle antenne sera également un lieu de formation en LPC. Au niveau des communes, l’Adepeda souhaiterait sensibiliser les élus locaux à la formation des personnels d’accueil dans les lieux publics. Enfin, l’Adepeda annonce la préparation d’une convention avec l’Association départementale des Pupilles de l’enseignement public (ADPEP).

Le LPC

La langue française parlée complétée (LPC) est une technique qui permet à tout enfant sourd de recevoir la langue française par la vue. Mise au point aux États-Unis par le Docteur R.-Orin Cornett en 1967, et introduit en France en 1977, le LPC consiste en un codage manuel qui permet de visualiser tous les sons de la langue française. Il permet aux personnes sourdes de recevoir le français oral par l’apprentissage de huit positions des doigts pour coder les consonnes, et de cinq positions de la main pour coder les voyelles. La maîtrise du français ainsi acquis n’interdit nullement aux jeunes sourds l’apprentissage de la langue des signes. Le français signé n’est pas une aide au français oral. Les jeunes sourds ne reçoivent aucune langue complète ni structurée : pas plus la langue des signes que le français. Qu’ajoute le LPC à l’enseignement du français ? L’enseignement du français sans le LPC permet rarement aux jeunes sourds d’atteindre le niveau souhaité : 80 % des sourds profonds restent illettrés (rapport D. Gillot, 1998), parce qu’ils ne comprennent pas la langue qu’ils déchiffrent.

Source : http://www.letelegramme.com © 10 Décembre 2002 à Lorient

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