Les sourds et malentendants se mobilisent pour l’accès à l’audiovisuel

Le public sourd et malentendant veut aussi pouvoir être devant la télévision comme il le désire. Pas seulement se contenter de regarder les (rares) émissions sous-titrées à son intention (seulement 2 à 20 % selon les chaînes, la langue des signes est quasiment absente de l’écran). Comme tous les autres citoyens, les 4,5 millions de sourds veulent avoir le choix devant l’écran. Et notamment accéder à l’information. Demain, à l’appel du CAASA, collectif d’associations pour l’accès des sourds à l’audiovisuel, rassemblant oralistes et signants (pratiquants de la langue des signes), une manifestation aura lieu à 14 heures, place du Palais-Royal, près du ministère de la Culture. On y retrouve entre autre la comédienne Emmanuelle Laborit ou la Fédération nationale des sourds de France, des associations diverses. Ils veulent rappeler que la loi votée le 1er août 2000 fait pourtant obligation aux chaînes de télévision d’adapter leurs programmes à la destination des personnes sourdes et malentendantes.

Demain aussi, l’Oil et la Main, émission de France 5 diffusée à 8 h 10, fera l’état des lieux de l’accès à la télévision pour le public sourd en France et en Europe avec la diffusion du reportage ” Seuls mes yeux m’entendent “, de Malgosha Gago. Pas brillant en vérité pour la télévision française comparée à ses voisines européennes. Ainsi, selon l’enquête menée par Noémie Churlet, présentatrice sourde de l’émission, 53 % des émissions de l’Europe du Nord sont sous-titrées. La télévision anglaise, déjà en avance, devrait pouvoir atteindre 90 % d’émissions sous-titrées à l’horizon 2010. En France, faute de moyens, la chaîne thématique TVST, entièrement sous-titrée, disparaissait dans un total anonymat. Supprimant au passage le travail de ses salariés pour améliorer la technique du sous-titrage. Le rapport consacré à l’adaptation des programmes télévisés aux personnes sourdes et malentendantes, remis par Jacques Charpillon sur le bureau du ministre. Rapport relevant une offre de programmes qui ne satisfait pas une population nombreuse. Le rattrapage s’impose donc.

29/11/2002

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