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Hauts de Seine Habitat

Sortir de l’isolement et briser le silence

Au collège Jean-Rostand d’Armentières, les élèves de 4e travaillent sur la langue des signes

Pénélope Houwenaghel, interprète en langue des signes, a traduit ce qu’exprimait par gestes, Jean-Pierre Dupont, à droite. Au centre, Anne Cointault, professeur de lettres.

« Fais-moi un signe et je te répondrai par un signe ». Au collège Jean-Rostand d’Armentières, plusieurs professeurs, sensibilisés au problème de la surdité, ont invité des responsables et animateurs du Centre de formation et de culture des sourds (CFCS) à venir rencontrer les élèves de 4e et à évoquer les difficultés auxquelles ils sont quotidiennement confrontés.
Mardi matin, à la salle polyvalente du collège, Jean-Pierre Dupont (souffrant de surdité), responsable du CFCS, a répondu sans réserve aux questions pertinentes des élèves préparées avec Mmes Cointault et Clavon, enseignantes et Mme Hochart, infirmière de l’établissement.
« Imaginez que vous êtes sous l’eau »
« Imaginez que vous voulez communiquer avec votre camarade quand vous êtes à la piscine sous l’eau ; il ne vous est pas possible d’ouvrir la bouche, vous ne pouvez vous faire comprendre que par gestes », expliqua, en préambule, Jean-Pierre Dupont en se faisant traduire les signes par Pénélope Houwenaghel, interprète professionnelle au sein du CFCS. « Ou alors, poursuivit-il, c’est comme si vous vouliez regarder la télévision quand le son est coupé ».
Deux exemples concrets qui ont rapidement fait comprendre aux élèves le fossé qui sépare encore le monde des entendants et celui du silence. « Il faut que chaque sourd parvienne à sortir de son isolement dans lequel il se trouve et à briser le silence », souligna M. Dupont avant d’insister sur les rôles importants joués par Jack Lang, l’ancien ministre de l’Education nationale et Ségolène Royal, secrétaire d’Etat. « En février 2002, M.
Lang a reconnu la langue des signes française (LSF) comme langue vivante. L’idéal serait que cette langue puisse être choisie en option au baccalauréat », lâcha-t-il.
En tout cas, si effectivement, la langue des signes est enseignée dans les lycées, les élèves de « Jean-Rostand » auront déjà une longueur d’avance car certains d’entre eux aimeraient s’initier à cette forme d’expression muette traduisant une pensée.
Avalanche de questions
Ensuite, toujours en tandem, Jean-Pierre et Pénélope répondirent à une kyrielle de questions. En voici quelques-unes :
Savez-vous lire sur les lèvres ?
« Ça dépend. Si mon interlocuteur porte une moustache, parle vite ou s’il tourne la tête, je ne peux pas. Il faut qu’il articule et s’exprime sans précipitation ».
Est-ce long et difficile d’apprendre la langue des signes ?
« Si on pratique régulièrement, l’initiation est identique, par exemple, à l’apprentissage de l’anglais. Et puis, la langue de signes condense en quelque sorte les mots. Ainsi, pour l’expression “je te dis”, je n’utilise qu’un seul signe. Pour dire “hier, je suis allé à Paris”, on va simplifier par “hier, Paris” », expliqua Jean-Pierre Dupont.
Agée de 60 ans, une personne devient sourde. Que faire pour éviter son isolement ?
« Je lui conseille d’apprendre très vite le langage des signes ».

Dans la région Nord – Pas-de-Calais, 12 000 sourds sont comptabilisés.
Centre de formation et de culture des sourds (CFCS) : 98, rue de Solférino, 59800 Lille. Tél : 03 20 42 90 37. E-mail : http://perso.wanadoo.fr/sourd.cfcs/

15/11/2002 à Lille

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