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L’intégration des sourds est encore compliquée

Rachid Mimoun, responsable de l’association Visuel langue des signes, souhaite que les gens s’ouvrent davantage aux sourds. Il crée pour cela un cours à Torcy, le seul du département.

«RÉCEMMENT je me suis rendu au conseil général, à Melun, pour participer à une réunion sur l’intégration des handicapés. Les organisateurs n’avaient pas prévu d’interprète aux trois associations de sourds invitées ! On s’est levés, on a applaudi et on est partis. Nous étions exclus de fait de cette réunion. » Ce souvenir trotte encore dans la tête de Rachid Mimoun, responsable de Visuel langue des signes. Afin de lutter contre l’exclusion des sourds, cette association parisienne ouvre aujourd’hui un cours de langue des signes à Torcy. C’est le seul du département.
Un « plus » sur un curriculum vitae Jusqu’à présent en Seine-et-Marne, qui compte plus de 75 000 sourds, pas un seul cours de ce type n’existait. Le dernier a disparu à Roissy-en-Brie il y a deux ans. Situé dans un quartier mal desservi par les transports, il a vivoté une année. Aujourd’hui, l’association tente de remédier à cette carence tout en s’adressant à ceux qui ne souffrent pas de surdité. Le cours est ouvert à tous. « Nous avons de plus en plus de monde qui vient pour le plaisir d’apprendre, sans connaître forcément de sourds, observe Rachid Mimoun, dont l’association enseigne les signes à quelque 250 personnes chaque année en région parisienne. D’autres cherchent à surmonter leur timidité. Notre langue aide à l’expression : pour communiquer, nous utilisons notre corps, notre visage, on sort un peu de nous-mêmes. » A la fin de la première saison, au terme des 60 heures d’enseignement, les participants sauront exprimer les mots du quotidien. Il faut compter environ 700 heures pour maîtriser toute la gestuelle. L’association milite pour la diffusion de sa langue au plus grand nombre, un « plus » à inscrire sur un curriculum vitae au même titre que l’anglais ou l’espagnol. « Les gens sont plus ouverts à notre handicap. Apprendre notre langage, c’est mieux nous connaître. Nous sommes dans la rue comme des étrangers, il nous faut des interprètes pour nous faire comprendre. Pour me soigner, je vais à la Pitié-Salepêtrière à Paris. Cet hôpital a eu la bonne idée de créer un accueil en langue des signes. L’intégration est encore compliquée », conclut Rachid Mimoun.

Cours de deux heures tous les jeudis à 18 heures, à partir d’aujourd’hui à Torcy, au LCR Jules-Raimu, allée Raimu. Renseignements et inscriptions à Visuel langue des signes, tél. 01.43.15.05.96.

19/09/2002 à Roissy-en-brie

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