José-Carlos rapproche sourds et entendants

DES VIDÉOS de contes pour enfants sourds envoyées dans les écoles spécialisées de toute la France, une cassette d’apprentissage de la langue des signes distribuée gratuitement dans les bibliothèques de Seine-Saint-Denis. La belle initiative de José-Carlos Dias vient d’être saluée par le prix Défi Jeunes, qui, en partenariat avec la Poste, soutient les 15-28 ans dans leurs projets les plus fous. Ce jeune sourd a reçu des mains de Luc Ferry, ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche, un prix de 4 573 ?. « Quand j’étais gamin, j’étais dingue de dessins animés. Le problème, c’est que faute de sous-titrages, je ne comprenais pas grand-chose et j’en ai ressenti une grande frustration. Maintenant que je suis adulte, je me suis dit que je pouvais faire bouger les choses », explique José-Carlos Dias, sourd de naissance, qui habite au Pré-Saint-Gervais. Fort de son expérience dans la réalisation audiovisuelle, José-Carlos a su braver tous les obstacles pour mener à bien son projet de cassettes vidéo. « Le Bureau Information Jeunesse (BIJ) du Pré-Saint-Gervais m’a vraiment aidé dans toutes mes démarches. Tout le monde était chaleureux et attentif. Grâce à eux, j’ai beaucoup progressé », s’enthousiasme le jeune blond péroxydé. « Le sous-titrage et les interprètes coûtent très cher » Ses deux cassettes ne sont que le début d’une longue série. Grâce à son prix, José-Carlos le globe-trotter compte bien offrir aux sourds documentaires et reportages sur leur culture souvent laissée de côté. « Cet été, j’ai participé au Deaf Way II à Washington (Etats-Unis). Plus de 10 000 sourds venus de 110 pays différents étaient rassemblés, c’était une semaine d’échanges incroyable. Je suis encore en train de monter les images de ce futur documentaire, mais je rencontre pas mal de difficultés car le sous-titrage comme les interprètes coûtent très cher », constate le jeune réalisateur. De son voyage aux Etats-Unis, José-Carlos a ramené beaucoup d’espoir. « Là-bas, sur les centaines de chaînes de télévision disponibles, 95 % des émissions sont sous-titrées, il suffit juste d’appuyer sur un bouton. En France, on est bien en retard, avec seulement 5 % de sous-titrages. Dans tous les commissariats américains, on trouve même des policiers qui maîtrisent la langue des signes. Je n’ai qu’une envie, c’est que la France s’y mette aussi ! », conclut José-Carlos.

Source : http://www.leparisien.fr © 23 Septembre 2002 à Paris

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