La main des sourds

Des implants cochléaires à Brest pour les enfants sourds

Un enfant sur 1.000 naît sourd, mais cette proportion est plus importante en Bretagne. Depuis 1957, la technique de l’implant cochléaire s’est développée pour permettre à des personnes totalement sourdes d’entendre enfin ou à nouveau. Deux implants cochléaires seront posés cette année pour la première fois au CHU de Brest.

Jusqu’à présent, les personnes qui pouvaient et souhaitaient bénéficier d’un implant cochléaire devaient se rendre à Rennes ou à Nantes. Désormais, les habitants de la pointe de Bretagne pourront être pris en charge au CHU de Brest.

Un suivi important

Une proximité importante puisqu’après la pose du dispositif de nombreuses séances de réglages sont nécessaires pour offrir à la personne sourde un résultat optimum.
« Les familles refusent de partir à Rennes ou Nantes pour recevoir un implant en raison de l’éloignement et de la nécessité de visites répétées pour les réglages. Bien souvent d’ailleurs les cas d’échecs de l’implant sont liés à un échec du suivi indispensable », souligne le Dr Marianowski, du service ORL du CHU de Brest qui s’est rodé à cette technique à l’hôpital Necker. Parallèlement il a aussi réalisé une étude sur les rats pour analyser la constitution dans le cerveau de nouveaux réseaux qui conduisent l’information sonore.

Seulement pour
les surdités profondes

Cette technique ne s’adresse tout d’abord qu’aux surdités profondes pour lesquels l’appareillage classique n’offre aucun intérêt. Le problème est en effet celui du coût puisqu’un implant représente 22.870 €.
Les enfants nés sourds, ou ceux qui le sont devenus à la suite d’une maladie, une méningite par exemple, sont concernés au premier chef, de même que les adultes.
« Une grande différence existe entre les enfants qui avaient déjà acquis le langage avant de devenir sourd et les autres. On s’est aperçu que les premiers retiraient très rapidement les bénéfices de l’implantation. Dans le cerveau, le réseau de synapses conduisant l’information est déjà en place.
En revanche, le cerveau des enfants devenus sourds avant l’acquisition du langage doit constituer un tel réseau dont les relais sont différents de ceux des autres enfants. Plus l’enfant est implanté jeune, plus le réseau se constitue sur de nombreuses années, de nouveaux récepteurs se créent sans cesse dans le cerveau ».

Deux implants
seulement en 2002

Pour l’instant, seuls deux implants pourront être posés la première année au CHU de Brest, ce qui ne correspond pas aux besoins. En effet, un enfant sur 1.000 naît sourd.
Cela représente neuf naissances par an dans le Finistère, même si tous les enfants qui naissent sourds ne sont pas forcément appelés, pour différentes raisons, à recevoir un implant.

Surdités génétiques
en Bretagne

Par ailleurs, la proportion d’enfants nés sourds est plus importante en Bretagne où les cas de surdité génétique sont plus fréquents. « Depuis deux ans que je suis à Brest, j’ai rencontré une dizaine de patients concernés par cette surdité d’origine génétique, et seulement un cas à Necker en trois ans ». Une collaboration s’est d’ailleurs développée entre le service ORL du CHU de Brest et le laboratoire de génétique moléculaire et d’histocompatibilité du Pr Férec.

Source : Le Télégramme – 02/09/2002 à Brest (France)

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