Troubles du langage : toujours pas d’accueil adapté

Anaïs est une petite fille enjouée de six ans qui rencontre des difficultés d’élocution. Voilà un an, ses parents ont appris qu’elle était dysphasique. Soucieux de trouver un accueil adapté pour leur enfant, ils sont prêts à s’installer à Nantes, faute de structure adaptée en Finistère.

Anaïs sur les genoux de sa maman qui envisage de partir s’installer à Nantes, où une classe spécialisée doit s’ouvrir en septembre.

Un mot, un verbe, pas vraiment de phrase, mais une formidable envie de communiquer. Toujours souriante, Anaïs veut dire et se faire comprendre, même si cela lui est difficile, souvent elle appuie du geste son expression.

Diagnostic posé à cinq ans

« Auparavant elle disait « val » pour cheval. Depuis qu’elle suit des séances d’orthophonie elle a progressé. Elle arrive quelque fois à dire le cheval ou parfois inverse les syllabes pour prononcer cheleval. Elle vient de terminer sa dernière année de maternelle et les solutions que l’on nous propose, comme une après-midi en IME le mercredi ne nous conviennent pas du tout », souligne la maman d’Anaïs, Gwenaëlle Cornec, qui a aussi deux garçons, de 3 ans et demi et 10 ans.
Installée à Saint-Renan, la famille a vu grandir la petite Anaïs sans trop s’inquiéter. « Mais je faisais des comparaisons avec mon garçon plus âgé et je voyais bien que quelque chose n’allait pas ».
Une consultation au centre hospitalier spécialisé de Bohars, a permis de poser le diagnostic voilà un an. Depuis, Gwenaëlle cherche dans toutes les directions des solutions et elle a même arrêté de travailler pour être plus disponible pour sa fille.
Ainsi, elle a pris contact avec l’association Avenir Dysphasie et s’est rendue dernièrement à un colloque organisé à Nantes. Le thème en était : de l’intégration individuelle à un projet adapté d’une classe spécialisée. Une préoccupation actuelle pour les parents d’Anaïs. « Lui faire redoubler sa grande section maternelle risque de la confronter à une situation d’échec et cela peut ne servir à rien si elle reste dans un coin en classe sans que l’on s’occupe d’elle. Les spécialistes disent qu’il faut d’abord apprendre à lire aux enfants dysphasiques ».

Pas de classe ni de service spécialisé

Faute de solution adéquate dans le Finistère, où il n’existe ni Clis (classe d’intégration scolaire) spécialisée pour les dysphasiques, ni service spécialisé à l’éducation familiale et à l’intégration scolaire (SSEFIS), la famille est prête à partir pour la Loire-Atlantique. Le dossier d’Anaïs est à l’étude dans la structure qui doit se créer en septembre dans un centre pour enfants sourds de la Persagotière à Nantes.
« La création d’une Clis serait possible à Brest s’il y avait suffisamment de parents concernés. Je souhaite trouver d’autres familles et des professionnels qui soient prêts à travailler ensemble pour créer des structures adaptées. Il faut que les parents bougent et n’hésitent pas à témoigner, plus on sera nombreux, plus on aura de poids », conclut Gwenaëlle.

Contact : Gwenaëlle Cornec au 06.78.11.58.38.
Association Avenir Dysphasie France, 20, bis avenue Carnot, 78100 Saint-Germain-en-Laye, tél. 01.34.51.28.26.

Source : Le Télégramme – 02/07/2002 à Brest

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