La main des sourds

Les collégiens de l’Iroise s’initient à la langue des signes

Hier après-midi, dans le plus grand silence, les visiteurs ont pu apprendre quelques notions de langue des signes grâce aux élèves.

Depuis le mois de janvier, les élèves d’une classe de cinquième du collège de l’Iroise ont suivi des séances de langue des signes. Hier après-midi, ils ont présenté le résultat de leur travail à leurs parents et amis en présence de Lætitia Danet, leur formatrice.

Dans le plus grand silence, chaque élève a pris en charge un adulte pour lui enseigner quelques rudiments de langue des signes : lettres de l’alphabet ou mot tout simple comme bonjour.

Deux à trois ans pour signer efficacement

Les notions acquises par les enfants sont loin de permettre une discussion courante, mais cette expérience leur a ouvert les portes d’un monde inconnu. Un malentendant mettra quatre ou cinq mois à maîtriser la langue des signes, mais pour un entendant, il faut deux ou trois ans. Cette initiative est née dans le cadre d’un échange européen Comenius sur le thème du jeu avec d’autres enfants italiens, espagnols ou hongrois. Les élèves brestois ont choisi d’aborder le jeu sous l’angle original de la langue des signes. Un choix qui n’est pas dû au hasard, mais à l’expérience d’une professeur d’histoire-géographie du collège, Caroline Le Berre, qui a fait le choix personnel d’apprendre la langue des signes grâce aux stages de l’Uradepa (association de personnes malentendantes). «La langue des signes illustre le thème du jeu et de la créativité, les autres thèmes étant la littérature, les arts et la musique», souligne Madeleine Coatanéa, professeur de lettres, qui a également participé au projet, ainsi que Michel Masson, professeur d’histoire-géo et Ahmed Galeb, professeur de technologie. «Les élèves ont apprécié cette initiation suivie avec beaucoup d’attention. Certains se sont même révélés à cette occasion. Nous avons travaillé le mime, le théâtre».

Le collège candidat pour l’accueil d’une UPI

Après la courte initiation, les invités ont pu découvrir les deux CD-Rom créés à l’issue de ce programme européen Comenius. Le premier reprend des travaux réalisés dans chaque pays, le second présente l’action menée au collège de l’Iroise. L’établissement est par ailleurs candidat à l’accueil d’une unité pédagogique d’intégration d’enfants sourds. Actuellement, il n’existe pas de collège spécialisé en Finistère. Après avoir suivi une scolarité à l’école de la Pointe de Brest (qui accueille 15 élèves actuellement), les enfants sont obligés, à partir de la 6 e, de se rendre à Auray, Saint-Brieuc ou Rennes. «On estime qu’il y a 55 enfants sourds dans le Finistère. Je ne suis pas favorable à une intégration isolée d’un enfant, mais plutôt à la création d’un groupe qui pourrait être intégré dans certaines disciplines», signe Lætitia Danet.

Source : http://www.letelegramme.com © 19 Juin 2002 à Brest

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