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Que faire pour aider les sourds ?

Au foyer Brossolette, festival de la LSF (Langue des signes française)

Jadis, le langage des signes était interdit dans les écoles. Du coup, pour les enfants atteints de surdité, la scolarité relevait d’un véritable parcours du combattant. Fort heureusement, le déclic s’est produit à partir de 1980. D’abord appris et réalisé en cachette, le langage des signes a enfin été reconnu.
En 1984, Jean-Pierre Dupont créait une association baptisée Centre de formation et de culture des sourds (CFCS). Président fondateur de ladite association, J.-P. Dupont, qui devint sourd à l’âge de 9 ans, participa activement au développement du CFCS, le fit connaître auprès des organismes officiels, avant de quitter la présidence et de devenir salarié de l’association qu’il avait lancée. Au fil des années, plusieurs personnes, essentiellement des sourds et des interprètes, ont été embauchées par le CFCS. Principaux objectifs : réduire cette forme d’exclusion dont sont victimes les sourds et les aider à mieux s’insérer dans la société, où on ne met pas tout en place pour leur faciliter la tâche.
Pour sensibiliser les jeunes et leur faire découvrir les difficultés régulières qu’ils rencontrent, Jean-Pierre Dupont et ses amis effectuent des passages dans des établissements scolaires. Mardi, au foyer Brossolette, à l’occasion du festival de la citoyenneté impulsé par le ministère de la Jeunesse et des Sports, l’association CFCS avait organisé une journée spécifique intitulée « Le festival de la LSF (Langue des signes française) » et réservée aux collégiens. Au total, deux classes de Jean-Rostand répondirent favorablement à l’invitation et prirent part, après avoir visité l’exposition et assisté à une séquence vidéo, à une conférence-débat.
Questions pertinentes
Au cours de l’après-midi, Jean-Pierre Dupont et Giovanni Rito ont été soumis à une longue série de questions posées par les élèves d’une classe de sixième accompagnés de Mlle Gouverneur, professeur d’arts plastiques. Voici, pêle-mêle, quelques-unes de ces questions.
Est-il difficile de communiquer entre sourds ? – Jean-Pierre Dupont : « Pas du tout ».
Est-ce compliqué pour l’interprète ? – Sandrine Deschodt : « Oui. Le métier nécessite plusieurs années de formation. Pour ma part, après avoir obtenu un DEUG à l’université de Villeneuve-d’Ascq, je suis partie à Paris pour passer, à l’ESIT (Ecole supérieure d’interprètes et de traduction), près de la Sorbonne, la maîtrise de langage des signes », explique-t-elle, avant d’insister sur la difficulté à comprendre les gestes puis à les traduire presque instantanément par la parole.
Dans la vie quotidienne, ça doit être difficile de communiquer ? – J.-P. Dupont : « C’est vrai, on ne peut pas encore téléphoner mais on peut utiliser le fax et internet ».
Est-ce que vous pouvez comprendre les gens “normaux” quand ils s’expriment ? – J.-P. D. : « Oui, à condition qu’ils ne tournent pas le dos quand ils nous parlent. Il faut que l’on puisse lire sur les lèvres. Avec un homme à moustache, ça n’est pas possible », commente-t-il.
Un sourd, peut-il travailler normalement ? – J.-P. D. : « Oui, on peut exercer entre autres les métiers de maçon, d’électricien, d’écrivain, d’informaticien et même de professeur. Mais il est évident qu’un poste à l’accueil d’une entreprise ne serait pas concevable ».
En classe, collégiens et enseignants vont exploiter leur rencontre avec l’association et les sourds. Ils envisagent, entre autres, de présenter un spectacle au Vivat.
Jean-Luc BOLLAERT
Centre de formation et de culture des sourds (CFCS), 98, rue de Solférino, 59800 Lille. Tél. : 03 20 42 90 37.

20/04/02

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