La main des sourds

Emploi : un dispositif pour les sourds

Pour aider des personnes sourdes ou malentendantes à mettre un pied à l’étrier de la vie active, à concrétiser un projet professionnel et à s’intégrer dans une entreprise, l’Urapeda (1) a lancé dans les années 90 un dispositif « emploi

Elie Martin, coordinateur Emploi formation à lURAPEDA (Union régionale des associations de parents denfants déficients auditifs) tiendra une permanence à la Maison de lemploi de Châteaulin vendredi prochain, de 9 h à 12 h.
Elie Martin, coordinateur Emploi formation à l’URAPEDA (Union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs) tiendra une permanence à la Maison de l’emploi de Châteaulin vendredi prochain, de 9 h à 12 h.

formation ». 200 personnes sont ainsi suivies chaque année en Bretagne, dont 80 dans le Finistère. Pour mieux faire connaître ce service aux personnes concernées, l’association tiendra une permanence vendredi à la Maison de l’emploi.

La langue des signes sera-t-elle un jour officiellement reconnue ? Des lycéens pourront-ils prendre cette option au bac comme une autre langue vivante ? C’est en tout cas ce qu’a annoncé le ministre de l’Education Jacques Lang il y a quelques jours. Ce serait une immense avancée pour les quelque 400.000 sourds et malentendants (2) que compte la France. Mais il y a encore de la route à faire. Alors en attendant, l’Urapeda continue de se battre pour l’intégration des déficients auditifs et multiplie ses services au fil des ans.

Accueil personnalisé et bilan d’orientation

Dernier service en date : un « dispositif emploi formation ». Mise en place dans les années 90, cette structure est l’équivalent de l’ANPE ou de la mission locale (qui s’adresse aux moins de 26 ans). Les permanents du dispositif emploi formation travaillent d’ailleurs avec ses organismes.
En clair, ce dispositif s’adresse donc à des déficients auditifs qui recherchent un emploi, une qualification, qui veulent passer un concours ou se réorienter et qui ont besoin d’un petit coup de pouce. Pour ce faire, le dispositif propose aux personnes concernées un accueil personnalisé et un diagnostic de leur parcours. Ensemble, ils réfléchissent à un projet professionnel et, surtout, le rendent accessible.

Des mesures d’accompagnement

Autrement dit, le dispositif définit et apporte les mesures d’accompagnement nécessaires à la réalisation du projet. L’aide peut être technique avec une mise à disposition de matériel comme des micros haute-fréquence par exemple. Selon le degré de surdité, l’aide peut être humaine. L’Urepeda dispose pour cela d’interprètes, d’interface de communication ou de preneurs de note.
Mais, l’association ne se contente pas « de lancer la machine », elle assure aussi un suivi et intervient dans les entreprises ou organismes de formation aussi souvent que nécessaire.

150 métiers différents accessibles aux sourds

Et les résultats sont là. Pour preuve : un millier de sourds a déjà été accueilli dans ce dispositif. 1.000 conventions d’intégration ont été signées, certains en ayant eu plusieurs) et 600 ont trouvé un travail… Dans 150 métiers différents, démontrant ainsi que (presque) tout est possible. Aujourd’hui, on peut dire que ceux-là ont défriché le terrain. Elie Martin, coordinateur du dispositif le reconnaît : « il est plus facile de convaincre les entreprises en 2002 que ça ne l’était en 1990 ».
Maintenant, la préoccupation du dispositif est de ne laisser personne sur le bord de la route. Depuis plusieurs années, l’association accueille des personnes principalement sur Quimper et Brest. Or, Elie Martin en est conscient, « Statistiquement, il y a des déficients auditifs dans le centre Finistère. Mais on ne les voit pas, ils ne peuvent pas ou n’osent pas venir à nous ». Qu’à cela ne tienne, « Nous irons à eux ». L’Urapeda tiendra donc une permanence à la Maison de l’emploi de Châteaulin vendredi 22 février de 9 h à 12 h. Elle sera également présente à l’ANPE de Carhaix mardi 19 et jeudi 21 février.

(1) Urapeda : Union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs. Siège : 31, bd du Portugal, Le Gacet, 35200 Rennes. Renseignements au 02.99.51.91.41.
(2) On estime à 400.000 le nombre de malentendants en France. Parmi eux, on compte 120.000 sourds profonnds ou sévères, dont 3.600 en Bretagne

Source : Le Télégramme – 18 Février 2002 à Châteaulin (France)

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