La main des sourds

Le dispositif emploi-formation méconnu à Morlaix

Depuis 1990, l’union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs (Urapeda) propose aux personnes sourdes et malentendantes de les accompagner lors d’une recherche de formation ou d’emploi. Si de nombreux Brestois et Quimpérois ont déjà adhéré à ce dispositif, les Morlaisiens ne se sont guère manifestés pour le moment. Afin d’y remédier, l’Urapeda propose une permanence le vendredi 22 février, au centre multiservices de la Boissière.

Elie Martin est le responsable du dispositif emploi-formation géré par lunion régionale des associations de parents denfants déficients auditifs.
Elie Martin est le responsable du dispositif emploi-formation géré par l’union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs.

Ce sont les statistiques qui le disent : en France, si l’on ne tient pas compte des personnes âgées, ils sont 120.000 à souffrir d’une surdité profonde. Quant aux malentendants et à ceux devenus sourds suite à un accident par exemple, ils sont environ 400.000. A l’échelle de la Bretagne, ce sont au total 15.600 personnes qui sont touchées par ces problèmes de surdité.
Créée en 1985, l’union régionale des associations de parents d’enfants déficients auditifs (Urapeda) regroupe aujourd’hui 300 familles en Bretagne.
Si sa mission de base est d’accueillir les familles et de les accompagner dans leurs démarches, elle gère également un dispositif emploi-formation à destination des sourds et des malentendants.
« Des progrès ont été réalisés concernant la scolarité des enfants souffrant de surdité. Mais on s’est rendu compte que lorsqu’ils entraient dans la vie active, il n’existait aucune structure capable de les accompagner dans leurs démarches », explique Elie Martin, responsable de ce dispositif qui a vu le jour en 1990.

Faciliter les rapports

Concrètement, les salariés de l’Urapeda proposent leurs services gratuitement aux déficients auditifs lors d’une recherche de formation ou d’emploi.
« Mais attention, notre but n’est pas de remplacer l’ANPE, la Mission locale ou Promethée avec qui nous travaillons beaucoup. Notre objectif est de faciliter les rapports entre ces différents organismes et les personnes sourdes », précise Elie Martin.
L’Urapeda intervient notamment pour négocier leur intégration auprès des organismes de formation comme l’Afpa ou le Greta.
Mais les salariés de l’association peuvent également les accompagner en cours pour leur faciliter la prise de notes. « Quand la personne a trouvé un emploi, nous sommes présents de façon intensive au début du contrat de travail afin d’assurer un suivi dans l’entreprise. Ensuite, nous intervenons au coup par coup en fonction de leurs besoins ».

Morlaix à la traîne

Depuis 1990, l’Urapeda a accueilli de nombreux Brestois et Quimpérois. Par contre, les secteurs de Carhaix, Châteaulin et Morlaix n’ont guère affiché d’enthousiasme pour ce dispositif. « Même si nous communiquons auprès des ORL et des audio-prothésistes, beaucoup ne connaissent pas notre action », pense Elie Martin.
A travers une première permanence qui aura lieu le vendredi 22 février au centre multiservices de la Boissière, il incite donc les Morlaisiens souffrant de problèmes auditifs à venir se renseigner sur ce dispositif dont les résultats, depuis sa création, sont plutôt encourageants : dans le Finistère, sur les 1.000 personnes qui y ont adhéré, plus de 600 ont dégoté un contrat de travail.

Source : Le Télégramme – 13 Février 2002 à Morlaix (France)

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