La main des sourds

Le permis quand on est handicapé, sourd-muet ou illettré, c’est possible

Auto-écoles et administration combattent l’exclusion

Souvent non francophones, quelquefois sourds-muets, plus rarement illettrés, ils sont une vingtaine, en moyenne, à se présenter, chaque mois à Rodez, à l’épreuve du code de la route.

Pour ces élèves pas comme les autres, l’inspection du permis de conduire organise une session mensuelle identique, sur le fond, à l’examen classique, mais dont la méthode d’évaluation des connaissances a été adaptée à ce public particulier. En dépit de leur handicap, ces candidats qui se heurtent à la barrière de la langue et ne savent parfois ni lire ni écrire le français ne jouissent pas de l’indulgence complaisante du jury. A l’issue de la session, le verdict tombe ici avec la rigueur mathématique qui sanctionne habituellement l’examen du code de la route. Inspecteur principal en charge des départements de l’Aveyron et du Tarn, Roland Hokonique constate du reste que le taux d’échec est, dans cette catégorie, nettement plus élevé que dans le cadre de l’épreuve classique. « A l’examen général, indique-t-il, on observe un niveau moyen de réussite de 66,3 %. Il n’est que de 32 % chez les candidats atypiques », regrette l’inspecteur général.
AIDES PAR DES TRADUCTEURS

Sur la forme, Roland Hokonique considère pourtant que l’épreuve du code subit les adaptations nécessaires à son public original. « S’agissant des candidats illettrés, l’examinateur lit lui-même les légendes qui accompagnent les diapositives, les reformule, si nécessaire, dans un vocabulaire compréhensible de tous, et laisse un peu plus de temps pour les réponses. Les personnes sourdes et/ou muettes peuvent se présenter accompagnées d’un traducteur en langage des signes. Cette prestation est aux frais du candidat », précise le représentant de la sécurité routière. Enfin, les non- francophones sont autorisés à solliciter les services d’un traducteur assermenté par la cour d’appel ». Roland Hokonique souligne néanmoins que « ces aménagements ne sont valables que pour le permis A. Il n’est plus concevable, aujourd’hui, qu’un chauffeur de poids-lourd supposé remplir des documents administratifs ou commerciaux ne sache ni lire ni écrire ou ne comprenne pas le français… ».

Pour les candidats handicapés de l’appareil locomoteur, la vraie difficulté ne concerne plus vraiment l’examen du code de la route, mais plutôt l’apprentissage de la conduite. « Dans ce cas, conclut l’inspecteur général, ils doivent s’adresser à une auto-école équipée d’un véhicule spécial, mais elles ne sont pas légion dans le département… ».

Source : ? – 08 Février 02 à Rodez (France)

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