La main des sourds

Enfants déficients auditifs : refuser l’exclusion

L’Adepeda 29 (Association départementale des parents d’enfants déficients auditifs) a inauguré, hier, ses nouveaux locaux (zone de Kergonan), en présence de la ministre de la Justice Marylise Lebranchu, et de plusieurs élus locaux, une bonne occasion pour faire quelques mises au point.

Marylise Lebranchu a suggéré, hier, que les enfants des écoles apprennent quelques signes pour communiquer avec leurs camarades malentendants.

« Les sourds et malentendants, a déclaré Martine Barosco, vice-présidente de l’Adepeda 29, sont une minorité silencieuse, mais aussi une minorité mécontente car trop souvent ignorée. Nous luttons depuis des années pour faire reconnaître la langue des signes. Le même combat que pour les langues régionales ». Elle a ajouté : « La surdité est un handicap qui ne se voit pas, mais qui a des conséquences psychologiques et sociales très graves. Il faut se battre contre cette marginalisation. Les sourds doivent être reconnus comme des citoyens à part entière ».
La France compte 4 millions de sourds, dont 300.000 avec une surdité très sévère. 80 % des sourds profonds de naissance sont illettrés.
Marylise Lebranchu a indiqué que le gouvernement voulait adopter une nouvelle approche : « Les enfants malentendants sont habituellement dirigés vers des structures spécialisées. Ségolène Royal, ministre déléguée à la famille, à l’enfance et aux personnes handicapées, propose de renverser les choses. Il faudrait que les écoles puissent s’adapter pour les accueillir. S’il y a vraiment des problèmes, des solutions extérieures à l’école pourraient être alors trouvées ».
Le maire, François Cuillandre, a rappelé que le parlement des enfants, en mai, discuterait d’une loi pour la reconnaissance officielle de la langue des signes « et vous savez que les propositions de loi des députés juniors sont souvent reprises par les députés ».
Michel Kerdiles, le président de l’association, a aussi rappelé les difficultés de communication : « Il est très important, d’abord, d’essayer de bien comprendre ce qu’exprime l’enfant par des signes, des sons, des mouvements de lèvres, et de bien lui expliquer ce qui se dit autour de lui. Ensuite comprendre les mots est une chose, leur donner du sens en est une autre ». 300 heures de cours sont nécessaires pour apprendre correctement le langage des signes.

Six professionnels

Cent cinquante personnes fréquentent régulièrement l’association où travaillent six professionnels (dont deux pour les cours de langue de signes et trois pour la communication).
L’Adepeda propose des cours de langue des signes, des formations pour les parents des enfants sourds, un atelier de pédagogie personnalisée, un dispositif emploi formation pour les jeunes sourds demandeurs d’emploi, un pôle de soutien aux étudiants sourds, l’intégration à la vie scolaire, un accompagnement social.

Adepeda 29, 21, rue de l’Eau Blanche Brest, tél. 02.98.41.82.65

Source : Le Télégramme – 01/02/2002 à Brest (France)

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