Le portail d'information sur les sourds et langue des signes
<> <>
Hauts de Seine Habitat

Emmanuelle Laborit : « Les sourds sont frustrés de cinéma français »

Ne pouvant voir tous les films dans leur intégrité (manque de sous-titres) Emmanuelle Laborit ne fait pas partie du jury. Mais elle est présente à Brest, comme passionnée de cinéma et militante de la cause des déficients auditifs.

Si les cheveux se sont raccourcis depuis la dernière fois, ce que n’ont pas manqué de lui dire les enfants présents hier, Emmanuelle Laborit n’a rien perdu du charisme qui a poussé les médias à faire d’elle l’« ambassadrice » de la cause de la communauté des sourds.
« Je n’aime pas cette appellation, mais je fais tout pour aider et apporter mon soutien », dit-elle.

Hier, au Siam, au terme d’une projection de films courts à laquelle assistaient des enfants, Emmanuelle Laborit a rencontré des petits Brestois de l’association finistérienne des déficients auditifs.

Une militante

Pour se faire respecter, elle n’hésite pas à tailler quelques copeaux dans la langue de bois. « En France, pays démocratique, on avance de grands mots et de beaux principes pour parler de la politique d’intégration.
Et pourtant on refuse toujours de reconnaître la langue des signes, ce qui pose de nombreux problèmes à ceux qui ne parviennent pas à oraliser », précise-t-elle.
Alors à Brest, comme elle le fait partout où elle va, elle agit en militante, passionnée, multipliant les interventions pour convaincre. Hier au Siam, certains parents de l’association des déficients auditifs du Finistère (1) considéraient la seule présence de la comédienne comme un exemple de réussite pour leurs enfants.
« Pour moi, ce sont les entendants qui sont différents. C’est ce que je veux faire comprendre, que nous devons tout faire pour vivre ensemble le mieux possible ».

Manque de sous-titres

Alors que l’on parle souvent de la socialisation par la culture, Emmanuelle Laborit prend des exemples très concrets des obstacles que doivent franchir les déficients auditifs pour y accéder.
« A la télévision, le service public a obligation de sous-titrer via télétexte une partie de ses programmes. Mais il le fait pour 10 % de la production, ce qui fait que les 90 % restants sont inaccessibles. De même les DVD, révolution que l’on vante tant, sont inadaptés aux besoins des sourds. Alors ces derniers se tournent vers les films qui sont sous-titrés. Ils ne voient pas les films français, mais sont très calés sur toutes les productions étrangères ».

Au Quartz bientôt ?

Vue sur scène à Brest dans « Les enfants du silence », Emmanuelle Laborit espère se retrouver prochainement au Quartz pour y jouer « Oui ou non », d’après Nathalie Sarraute.
A moins que l’on ne découvre sa version bilingue du « Monologue du vagin », cette puissante pièce sur la condition des femmes, qu’elle prépare actuellement.
Un retour en Bretagne, comme partout ailleurs, lui permettrait de voir l’avancement du dossier qui lui tient tant à cœur : un plus grand soutien apporté aux écoles qui pratiquent la langue des signes.

(1) Soixante enfants y sont inscrits dans le département.

16/11/2001 à Brest (France)

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.