La main des sourds

La danse prend le maquis dans les rues d’Ajaccio

Deux journées étaient ainsi organisées en une traversée dansée de la ville. La boulimie inventive des artistes a su jouer avec ces attaches. On n’a pas mal marché, on s’est recueilli deux fois dans une église. La seconde fois, Joël Liennel, danseur et comédien malentendant, a encadré la compagnie grecque Emmeleïa, pour un travail d’atelier autour de la danse contemporaine et le langage des sourds. Joël Liennel a participé à la création de l’International Visual Theater (IVT) en 1976 constitué par de jeunes sourds désireux de faire du théâtre. Nous frappe d’emblée une chorégraphie où le signe flotte, sur des individus quasi immatériels, aux gestes nés du grand pouvoir de dire. On frôle le théâtre, accessoires à la clé, pour de mini scènes frontales, d’un qui s’assoit sur une chaise pour nous livrer un signe. Les gestes des doigts se dispersent par tout le corps, avec au sein du groupe, une belle unité signifiante. Le corps accumule en quelque sorte sa réserve de sons, si bien que ce sont des figures légères, mais également habitées, lestées d’un poids autrement grave.

08/02/2000

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.